« A MARCOUVILLE, les gens ne se parlent plus, c’est chacun chez soi ! Alors si on peut amener un peu de vie et permettre aux gens de se rencontrer, c’est extraordinaire. »
Habitante des Hauts-deMarcouville, à Pontoise, depuis 1975, Joséphine a vu défiler bon nombre de voisins. Mais avec le temps, les liens sociaux se sont considérablement dégradés, tout comme la perception du quartier.
Pour remédier à ce manque de dialogue et « redorer l’image » de cette résidence, son bailleur vient de faire installer deux ruches sur le toit.
« L’idée est de favoriser le vivre ensemble par la biodiversité, explique Olivier Lafargue, directeur de la gestion locative pour le Logis social du Val-d’Oise (LSVO). Trois à quatre fois par an, on proposera des animations gratuites pour sensibiliser et rassembler les familles. » Découverte du métier d’apiculteur, extraction du miel, dégustation, confection de bougies en cire… Les ateliers seront variés et proposés aux enfants comme aux adultes. BIENTÔT UN MIEL DES HAUTS-DE-MARCOUVILLE
Pour animer ces temps d’échange et s’assurer de la bonne santé des abeilles au quotidien, LSVO a fait appel à Apiterra. « Il y a un énorme élan de sympathie pour les abeilles, pointe Ronan de Kervénoaël, qui dirige l’entreprise. Parce qu’ils s’impliqueront dans l’entretien des ruches, les habitants seront fiers de leur résidence. » Du haut de ses 9 ans, Nelson est enchanté d’apprendre la nouvelle : « Je n’ai jamais vu de ruche ! J’aimerais bien savoir comment ça marche. »
Chargée de développement social pour LSVO, Madjibi Larmé confirme qu’une telle opération est bienvenue à Marcouville.

« Ici, il y a beaucoup de familles monoparentales et degens qui souffrent de l’isolement, analyse-t-elle. Ils ont difficilement
accès aux ioisirs ou à la culture. Il y a donc un vrai besoin de développer le lien social. »
La première récolte prévue pour le mois d’août permettra de faire connaître l’existence des ruches à tous les locataires. Ce sera alors l’occasion de lancer les ateliers d’extraction du miel. « Selon les quantités récupérées, on pourra
peut-être faire un cadeau de bienvenue aux nouveaux arrivants, réfléchit déjà Olivier Lafargue. Nous allons créer un étiquetage pour que chaque pot porte le nom des Hauts de – Marcouville . » JULIE HÉNARD