Apinews-juin 2018

La récolte du miel, la récompense d’une année apicole proprement menée.

Les beaux jours arrivent enfin et il est temps pour nous de préparer notre miellerie dans nos locaux à Montreuil pour démarrer la récolte et les extractions de miel. Cette année nos abeilles ont pu profiter d’un printemps exceptionnel avec une météo qui a été très favorable en offrant des floraisons magnifiques, riches et variées. La pluie a su arroser ces plantes aux bons moments et c’est la première fois depuis longtemps que la floraison de l’accacia, cette fleur si fragile face aux intempéries, est passée à travers les gouttes. Les abeilles ont alors très grandement profité de ces floraisons pour faire des belles réserves de nectar et de pollen pour les aider dans leur développement et remplir les hausses à miel.

Une bonne récolte de miel repose sur trois facteurs : la présence d’une population d’abeilles assez forte dans la ruche, une floraison abondante et un climat favorable.

Le miel que nous pouvons récolter est stocké par les abeilles dans la partie supérieure de la ruche dans une partie que l’on appelle la hausse. Le nombre de hausses sur chaque ruche dépend de la taille de la population et ses capacités à stocker du miel. Le travail de nos apiculteurs en cette saison consiste surtout à surveiller la force de la population, l’espace disponible à l’intérieur de la ruche et les entrées de nectar. Quand les abeilles ont fini leur travail de transformation qui consiste à faire évaporer l’eau dans le nectar pour le concentrer en miel, elles referment les alvéoles pleines avec une couche de cire pour protéger leur précieux butin. L’apiculteur voyant que les alvéoles sont operculées peut alors démarrer la récolte. Cependant il prend soin de laisser aux abeilles des cadres remplis de miel dans le corps de la ruche, afin de répondre à leurs besoins de nourriture au quotidien. En effet les abeilles se nourrissent de pollen et de miel !

Pour la récolte, l’apiculteur retire les hausses des ruches en laissant les abeilles puis les stocke dans un local ou la température est le plus tempérée possible, cette démarche nécessite un local bien étanche afin d’éviter l’invasion par des abeilles pilleuses ou des parasites comme la fausse teigne. L’extraction peut dès lors commencer.

La première action de l’apiculteur consiste à « désoperculer ». C’est-à-dire retirer la pellicule de cire qui protège le miel stocké par les abeilles dans les opercules des cadres de hausses.  Pour cela il faut utiliser un couteau et un bac à désoperculer. Le cadre de hausse est placé en équilibre sur une traverse au-dessus du bac et le couteau est placé à plat le long des deux montants qui servent de guide, il sera nécessaire de débuter l’action par le bas du cadre et remonter doucement en inclinant ce dernier au fur et à mesure de l’avancement. Le couteau dès lors va longer à plat les deux bords en bois, coupant la fine membrane de cire, qui tombera directement dans le récipient. Parfois la cire est mal positionnée sur les montants et l’utilisation du couteau n’est pas aisée, une autre aide sera nécessaire : la herse. Cet aide muni de fines pointes permet de percer la cire dans les endroits où le couteau ne peut de par son encombrement remplir son rôle.

Les cadres remplis de miel ainsi désoperculé sont placés dans l’extracteur. L’extracteur est une centrifugeuse qui, qu’elle soit manuelle ou électrique, va propulser le miel hors des opercules sur les parois de l’appareil. Les cadres seront réparties de façon homogène afin d’éviter que l’appareil ne soit déséquilibré et ne vibre trop. Par gravité, ce miel va descendre au fond du bac ou il pourra être recueilli, filtré à deux reprises et placé dans un décanteur. Enfin vient l’action de la décantation, la substance extraite des cadres grâce à la centrifugeuse nécessitera pour devenir le miel de notre consommation d’être libéré des impuretés, en effet il s’agit d’un mélange de miel, de particules de cires et de résidus divers provenant du travail des abeilles. Par deux fois, il sera nécessaire de tamiser la récolte extraite, tout d’abord au travers d’un tamis à grosses mailles puis à mailles plus fines. Des bulles d’air et des particules très fines restant encore en suspension dans le miel. Celui-ci va encore décanter pendant une semaine et une écume  va se former à la surface. À l’aide d’une écumoire, il suffira de retirer la fine pellicule supérieure pour n’avoir plus que le miel pur que l’on pourra ainsi mettre directement en pot.

Encadré

Comment les alvéoles à miel des abeilles prennent-elles leur forme hexagonale parfaitement symétrique  ?

Charles Darwin jugeait que les ruches étaient conçues de façon « absolument parfaite en économisant la main-d’œuvre et la cire ». Il y a en effet de quoi être subjugué par la complexité et la perfection des alvéoles hexagonales qui composent les structures fabriquées par les abeilles. Mais comment celles-ci les forment-elles ? Cette question longtemps sans réponse semble enfin résolue. Une équipe de chercheurs écossais s’est intéressée à la façon dont se formaient ces alvéoles et a constaté que ces dernières adoptaient d’abord une forme circulaire avant de devenir hexagonales au fur et à mesure de la construction des rayons. Mieux encore : les chercheurs de l’Université de Cardiff ont découvert que cette modification est due à l’écoulement de cire fondue à la jonction avec des cellules voisines. La parfaite géométrie des alvéoles réside en fait dans les propriétés physiques de la cire utilisée pour construire les alvéoles circulaires. En effet, à 45°C (chaleur produite par les abeilles ouvrières qui travaillent côte à côte à la construction des rayons), la cire s’écoule un peu comme du caramel. C’est ainsi que des angles se forment naturellement à la jonction des cellules, donnant naissance à des hexagones.