En ville, les ruches s’épanouissent bien mieux qu’a la campagne

Quelle entreprise parisienne n’a pas encore de ruches sur son toit ? C’est devenu un véritable phénomène de mode. Y ont succombé : VinciL’OréalCanal+ et même nous, Le Point. C’est en 2016 que nos abeilles ont débarqué du Maine-et-Loire, livrées par Apiterra, une entreprise spécialisée dans l’installation de ruches en ville. Dès le premier jour, les braves ouvrières se sont admirablement adaptées à l’environnement parisien.

Si les ruches parisiennes peuvent également connaître des mortalités, celles-ci n’ont pourtant rien à voir avec les accidents météorologiques ou la présence de pesticide comme on l’observe dans les campagnes françaises. Les abeilles parisiennes ont la chance de butiner des fleurs d’arbres ou de balcon sans dose massive de pesticides.

Faire connaître l’abeille en ville

Drôle de zèbre que Ronan de Kervénoaël, le fondateur d’Apiterra, qui abandonne subitement sa place de dirigeant dans une grosse boîte internationale pour faire son miel. « En 2010, j’ai eu un électrochoc en lisant un article qui démontrait que la disparition des abeilles entraînerait le grave déclin de la pollinisation et donc de toute l’alimentation humaine. J’ai démissionné pour prendre un sac à dos et j’ai fait le tour de tous les professionnels de l’apiculture ; je suis parti en Angleterre, en Irlande, en Italie et en France. Je suis revenu à Paris avec l’objectif d’élever des essaims et faire connaître l’abeille en ville. »

Avant de créer Apiterra, il consulte notamment Yves Le Conte, directeur de l’unité recherche abeilles et environnement de l’Inra. « Le plus grand spécialiste en France ! » explique-t-il. Sur ses conseils, il sélectionne la souche la plus douce d’abeille, la Buckfast, créée par un moine. Il apprend à fabriquer des essaims. Apiterra travaille volontiers avec les collectivités locales qui veulent impliquer des jeunes, des chômeurs ou encore des patients d’hôpitaux psychiatriques. « Nous voulons jouer un rôle social », explique Ronan.

Aujourd’hui, près de mille ruches employant des dizaines de millions d’abeilles et produisant environ 30 tonnes de miel travaillent parfaitement au noir dans le ciel parisien.