Mariano Higes, chercheur au Centre régional apicole de Marchamalo (Espagne), estime aujourd’hui qu’il n’y a plus aucun doute possible : c’est bien ce petit parasite d’origine asiatique qui est à l’origine des décès massifs d’abeilles, en tout cas en ce qui concerne les phénomènes observés ces dernières années en Espagne. Aujourd’hui, il n’est plus question de s’interroger sur le phénomène de mortalité, mais de le combattre efficacement. C’est ce qu’a entrepris l’équipe du chercheur, en s’associant avec des apiculteurs professionnels de la région de l’Alcarria. « Nos résultats sont flagrants », explique Mariano Higes à Agriculture & Environnement : « les premiers résultats des ruchers qui ont été soumis à nos traitements indiquent que la production de miel a été doublée, et que celle du pollen a également augmenté. Par conséquent, nos mesures pour combattre Nosema ceranae commencent à porter leurs premiers fruits. »
Selon Mariano Higes, ce parasite pourrait toucher plus de 50 % des deux millions et demi de ruches officiellement recensées en Espagne. Nous avons appris depuis que l’infestation est sans doute encore beaoucoup plus élevée (voir article du blog du 15 février 2011).
En conséquense, « c’est un problème très grave, qui nécessite un contrôle au niveau national », explique-t-il. Il rappelle que ces dernières années, 30 à 35 % des ruches ont disparu. La principale mesure appliquée dans le cadre des traitements a été l’usage d’un antibiotique, le fumagillin, exclusivement utilisé contre les infections nosémales de l’abeille. Un rucher parasité, non correctement traité, peut provoquer un dépeuplement dans un délai de six mois à un an et demi, explique Mariano Higes. Cependant, selon lui, le fait de traiter une ruche ne met pas fin au risque. En outre, les ruches qui ne sont pas régulièrement contrôlées peuvent devenir des foyers à haut risque d’infection. Par conséquent, en plus du traitement par fumagillin, il faut procéder à des contrôles globaux, ce qui implique un suivi méticuleux des ruchers avec localisation précise des points à problèmes. « Toutes les ruches ne sont pas touchées d’une façon égale et il faut analyser l’ensemble des causes possibles : pesticides, acaricides, manque de nourriture, conditions climatiques, autres maladies, etc. », explique le chercheur espagnol. Certains herbicides et acaricides utilisés en agriculture ou par les apiculteurs eux-mêmes peuvent altérer le comportement de la ruche et sa résistance aux maladies, avertit Mariano Higes, « mais nous les avons trouvés dans seulement 8 % des ruches analysées ». Officieusement, le centre d’apiculture de Marchamalo s’est transformé en laboratoire de référence mondiale pour ce qui est du problème des nosémoses. Aujourd’hui, des échantillons arrivent du monde entier. « Les Etats-Unis ont beaucoup tardé avant de nous transmettre des échantillons d’abeilles mortes. Nous devions en recevoir en avril, mais ils ne sont finalement arrivés que quelques mois plus tard », explique Mariano Higes. C’est à cette période que le Département d’Agriculture des Etats-Unis a annoncé le renforcement de son plan d’action visant à réaliser des recherches sur les causes des effondrements de colonies observés outre-Atlantique – un phénomène baptisé CCD, pour Colony Collapse Disorder. Bien que ce ne soit pas encore la raison officielle, certains experts américains ont déjà émis l’hypothèse selon laquelle Nosema ceranae serait la principale cause de ces effondrements. D’autant plus que les échantillons américains se sont révélés porteurs du fameux protozoaire. (voir rapport de J. Pettis ). Source:
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http://test2.agriculture-environnement.fr/spip.php?article241
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Repeuplement de ruchers avec des essaims sur cadres et paquets d’abeilles disponibles toute l’année sur www.eurobeestock.com

L’Environmental Microbiology reports vient de publier une étude « épidémiologique préliminaire » réalisée par le chercheur espagnol Mariano Higes et son équipe, spécialiste de l’abeille au sein du Laboratoire des pathologies de l’abeille (Castilla-La Mancha). Cette étude concerne les différents facteurs liés aux pertes de colonies d’abeilles en Espagne.
Un petit champignon serait-il à l’origine des effondrements de colonies d’abeilles ? La question divise le monde de l’apiculture depuis que le chercheur espagnol Mariano Higes a mis en évidence la présence de Nosema ceranae, la variante asiatique de Nosema Api, dans des ruches espagnoles. Depuis, de très nombreux travaux ont confirmé que ce redoutable champignon s’est répandu partout dans le monde, y compris outre-Atlantique. Mais cela ne suffit pas à convaincre qu’il pourrait à lui seul être responsable du malheur des abeilles. « Nous avions nourri des abeilles avec ce protozoaire sans observer de mortalités particulières », note en effet Jean-Paul Faucon, du Laboratoire de Sophia-Antipolis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ex-Afssa)
Depuis plusieurs années maintenant, les chercheurs américains cherchent les raisons de la disparition des abeilles, particulièrement dans le sud du pays. Une étude publiée le 6 octobre dernier a identifié les coupables, qui se trouvent être un virus et un champignon.Cette nouvelle étude, dirigée par l’université du Montana, se distingue des précédentes par les méthodes utilisées par les chercheurs. Les militaires américains ont en effet mis à leur disposition une base de données contenant les données génétiques de plusieurs milliers d’organismes qui ont permis d’identifier le virus et le champignon coupables.Le virus, de la famille des Iridoviridae et le champignon Nosema cerenae ont été inocculés à des abeilles vivantes. 100% des abeilles contaminées sont mortes. « C’est un peu comme l’oeuf et la poule, indique le Docteur Bromenshenk, on ne sait pas lequel des deux arrive le premier, et nous ne savons pas non plus si l’un affaiblit les abeilles avant que l’autre ne les achève ou si c’est leur association qui leur est fatale. »Cependant, le virus et le champignon ne sont certainement pas les seules causes de cette disparition. « D’une part, cette pathologie n’est à l’origine que d’un tiers des mortalités constatées chez les abeilles américaines. D’autre part, on ne sait pas pourquoi les abeilles ont attrapé ces deux
parasites. C’est peut-être un pesticide qui a déclenché une baisse d’immunité… », a déclaré Yves Le Conte, de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique).D’un point de vue écologique, la disparition des abeilles met en péril la pollinisation naturelle de plusieurs milliers d’espèces végétales dont 30% représentent des aliments pour l’Homme.