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Abeilles et Huites : même combat combat contre la sur mortalité

Lundi, 13 décembre 2010 18:14 Written by Apiterra 0 Comments

Hier, à Angers, ostréiculteurs et apiculteurs ont amorcé un rapprochement pour défendre leurs rucheset leurs parcs, frappés de surmortalité. « Les huîtres et les abeilles sont des sentinelles de l’environnement. Elles souffrent d’une forte mortalité. Nous devons travailler ensemble sur la protection des écosystèmes. » Hier, à Angers, apiculteurs et conchyliculteurs professionnels ont amorcé leur rapprochement. Une délégation du Comité national de la conchyliculture a assisté aux travaux de l’assemblée générale de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP). Née en 2009, la FFAP n’a de cesse de dénoncer le rôle central des insecticides systémiques d’enrobage des semences dans le taux de mortalité des ruchers, estimé à 30 % en moyenne. Elle rejette la thèse « multifactorielle » qui relie la mauvaise santé des colonies à un ensemble de causes : acarien parasite (le varoa), maladies virales, maladies du couvain, baisse de la ressource de pollen… « Ce sont les pesticides qui affaiblissent l’abeille et la rendent vulnérables aux maladies », grince Guy Brossier, vice-président de la FFAP, apiculteur dans le Maine-et-Loire. La FFAP porte son combat à l’échelle européenne. Elle adhère à la Coordination européenne des apiculteurs qui organisera, en février, un colloque sur les pesticides, à Bruxelles. « Nous demandons que soit revue la procédure d’homologation des molécules chimiques. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit disposer de plus de moyens et d’indépendance pour la contre-expertise des dossiers d’homologation présentés par les firmes. De plus en plus de députés européens sont sensibles à nos arguments », ajoute Guy Brossier. Cette démarche scientifique inspire les paysans de la mer. La profession conchylicole envisage des « tests écotoxicologiques sur les sédiments et l’eau des estuaires. » L’objectif : analyser avec précision l’impact sur la ressource » du cocktail chimique déversé par les bassins versants.

http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Abeilles-et-huitres-meme-combat-pour-la-survie-_3640-1619112_actu.Htm

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Autres moyens de luttre contre le varroa

Mercredi, 03 novembre 2010 09:01 Written by Apiterra 0 Comments

Acide formique

L’acide formique est un acide organique que l’on retrouve à l’état naturel dans plusieurs plantes, surtout au niveau des fruits. Il est donc normal qu’on le retrouve dans le miel en faible concentration, typiquement environ 100 mg/kg de miel et même plus pour certains miels comme celui de sapin qui en contient 200 mg/kg. Son usage pour combattre la varroase requiert cependant une concentration plus forte et agit à l’état gazeux. Lorsque l’air est saturé d’acide formique, celui-ci se condense sur les alvéoles qui y sont perméables. Les acariens meurent au contact de l’acide qui n’importune pas les abeilles.

Avantages: Le grand avantage de l’acide formique est son efficacité tant sur les adultes que sur le couvain en raison de son mode d’action. Cette efficacité est d’environ 90%, ce qui est supérieur à l’efficacité des acaricides de synthèse considérant que l’acide formique agit également sur le couvain et non seulement sur les adultes. D’autres avantages de l’acide formique sont son faible coût (disponible dans les pharmacies, les centres d’intrants agricoles, etc.) et le fait que les acariens n’y développent pas de résistance. En Europe, l’acide formique est utilisée avec succès dans de grosses entreprises apicoles comme celle d’Alois Wallner en Autriche, qui possède 700 colonies (il a écrit un livre sur le sujet).

Désavantages: Un désavantage de l’acide formique est qu’il s’agit tout de même d’une substance à manipuler avec soin, bien que ses effets sur l’humain soit bien connus. Un autre désavantage est que l’on peut perdre 5% des reines lors du traitement, ou même plus si les conditions ne sont pas idéales.

Application: L’acide formique est disponible en solution à 65%. On en utilise 15 à 20 ml pour chaque hausse de couvain qu’on imbibe dans un papier poreux (essuie-tout) qui est placé à la base de la ruche. Les papiers sont préparés une journée avant l’application pour éviter une évaporation initiale trop rapide. Ils doivent être conservés dans un sac hermétique avant d’être placés dans les ruches, le matin ou le soir. De trois à six traitements faits à 1 à 4 jours d’intervalle peuvent être nécessaires selon le nombre de varroa tombés à la base de la ruche.

Idéalement, les traitements doivent être faits lorsque la température se situe entre 20 et 30C. Le produit devient dangereux pour les abeilles si la température est supérieure à 30C et s’avère nettement moins efficace en-deça de 12C. On doit laisser toutes les entrées totalement ouvertes et traiter après la récolte principale ou la dernière récolte. En général, lorsque moins de 10 acariens sont retrouvés, on peut cesser le traitement. En Autriche, il est recommandé de traiter les colonies très atteintes 3 à 4 fois à intervalles de 24 heures, les colonies peu atteintes 2 fois à 1 ou 2 semaines d’intervalle, et les colonies réinfestées 1 à 2 fois par mois en septembre ou octobre.

Réglementation: L’utilisation de l’acide formique contre la varroase est autorisée au Canada et approuvée par les cahiers de charge d’agriculture biologique. Elle est régie par la Réglementation sur les produits antiparasitaires d’Environnement Canada qui stipule notamment que l’utilisation doit cesser deux semaines avant le début de la miellée. Pour plus de renseignements sur l’utilisation de l’acide formique contre le varroa, s’adresser à:

Service d’information

Direction de l’industrie des produits végétaux

Agriculture et Agro-alimentaire Canada

59, Promenade Camelot, Nepean, Ontario, K1A 0Y9

tél.: 1-800-267-6315

Sécurité: Comme c’est un produit assez fort, quelques règles de sécurité gagneraient à être respectées: toujours travailler à l’extérieur; ne pas inhaler le produit; porter des vêtements de sécurité (lunettes, gants de caoutchouc); être à proximité d’une source d’eau pour rincer en cas d’accident. Si une forte odeur de vinaigre est perceptible, il faut s’éloigner jusqu’à ce qu’elle se dissipe.

Autres acides organiques

L’acide oxalique et l’acide lactique ont aussi fait l’objet d’essais contre le varroa. Des chercheurs allemands ont rapporté une bonne efficacité de l’acide lactique à 10-15%, mais, selon les apiculteurs l’ayant utilisé,cet acide serait moins efficace que l’acide formique.

Roténone

La roténone est un insecticide végétal toléré par les cahiers de charge d’agriculture biologique pour la protection des productions végétales. Son utilisation contre le varroa a été développée en France par des apiculteurs biologiques mais n’est pas autorisée pour le moment au Canada (1994).

Pour être efficace, la roténone doit être appliquée pendant un cycle de vie complet du varroa, soit 30 jours. Il faut l’utiliser avec grande prudence car elle peut tuer les reines. En France, une formulation liquide de roténone à 6,6% est utilisée en apiculture. Péguin (1990) recommande la méthode suivante: on prépare deux lanières de jute de 4 par 20 cm que l’on trempe dans une solution de roténone (6.6%) pendant une journée. Les lanières sont égouttées quelques heures avant d’être placées dans la ruche entre les 3e et 4e et les 7e et 8e cadres. Il est important de ne pas mettre la roténone sur le plancher car la roténone perd de son efficacité au contact de la lumière. Les traitements sont faits au printemps, quand la température minimum est supérieure à 5C et à l’automne (Courbon, 1991). On recommence le traitement à intervalle de quelques jours jusqu’à ce que le nombre de varroas morts soit moins de 20 à la base de la ruche. Il vaut mieux ne pas traiter à la roténone les ruches qui ont peu ou pas de couvain car les abeilles s’enfuiraient à cause de l’odeur.

Aromathéraphie

Les huiles essentielles sont des concentrés de principes actifs de plantes obtenues par distillation. Il s’agit de produits naturels mais pas nécessairement doux.

Les cristaux de menthol utilisées contre l’acarien de l’abeille n’agissent pas efficacement contre le varroa. Péguin (1987) suggère plutôt le traitement suivant à base d’huiles essentielles: un mélange d’huile de thym, de sariette, de lavandin et de cade additionnée de sauge, de menthe et de girofle. Douze gouttes sont déposées sur une plaque graissée à la base de la ruche lorsque la température est supérieure à 10C, ce qui permet l’évaporation des huiles. Le traitement est renouvelé aux 3 à 5 jours jusqu’à ce que l’on ne retrouve pas plus de 10 varroas morts. Ce traitement doit cesser avant la miellée car les huiles pourraient parfumer le miel.

Un produit européen en pastilles du nom d’Apilife/VAR+, également à base d’huiles essentielles, donne de très bons résultats selon une recherche scientifique suisses (Rickli et al. 1991). La composition de ces pastilles consiste en du thymol (74,1%), de l’eucalyptol (16%), du menthol (3,7%), du camphre (3,7%) et de la vermiculite comme matériel de support (2,5%). Les pastilles sont placées au-dessus des cadres. Deux traitements, l’un où les pastilles ont été laissées pendant 24 jours, l’autre pendant 65 jours, ont donnés des résultats respectifs de 96.5% et 99% d’efficacité, un degré d’efficacité comparable aux pyréthroides synthétiques.

Le traitement aux huiles essentielles peut aussi être fait au moyen d’un micro-diffuseur qui chauffe les huiles à 40C avant de les disperser dans la ruche.

Répulsifs

Des apiculteurs biologiques allemands considèrent que la présence à proximité des ruches de certaines plantes à forte odeur explique que leurs ruches soient exemptes de varroa. Les plantes en question serait l’ail des ours (nom latin??) et la fougère-mâle (Dryopteris filix-mas), cette dernière étant reconnue pour ses propriétés acarifuges.

Des fumigations de mélisse et de menthe ont aussi produits de bons résultats en Allemagne (Rademacher, 1983).

Sulfate de cuivre

Une méthode de traitement à base de cuivre a été développée suite aux travaux de recherches de Michel Bounias de l’INRA en France et du Dr. Popeskovic de Belgrade. Le cuivre est un élément essentiel au métabolisme respiratoire du varroa. En donnant une solution contenant 1/2 g de cuivre (sous forme de sulfate) aux abeilles, celles-ci développent un genre d’anticorps car le cuivre devient en excès dans leur organisme. Cet anticorps est fatal au varroa qui ne peut plus utiliser le cuivre. La concentration en cuivre n’augmente pas dans le miel, mais les résultats démontrent que ce traitement ne peut pas contrôler à lui seul la varroase.

Homéopathie

Un traitement appelé le D8 proposé par Mathias Thun (Thun, 1988) a été utilisé pendant quelques temps sans grand succès par les biodynamistes européens. Il s’agissait d’une dilution homéopathique de cendres de varroas brûlés.

Apiterra et l’INRA collaborre au développement d’abeilles résistantes au varroa en Europe: www.apiterra.eu

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Moyens de lutte physique contre le varroa

Mardi, 02 novembre 2010 08:55 Written by Apiterra 1 Comment

Moyens de lutte physiques

Piégeage

Les méthodes de piégeage suivantes visent à concentrer les acariens sur un seul cadre de la ruche pour ensuite éliminer ce cadre. Elles ne permettent que de limiter le taux d’infestation. De plus, elle peuvent provoquer un affaiblissement de la colonie.

Cellules à faux-bourdons: Comme les varroas préfèrent pondre dans les cellules de faux-bourdons, il est possible de les piéger en fournissant un cadre avec de telles cellules. Lorsque ces dernières seront operculées, le cadre sera retiré et la cire fondue ou brûlée. C’est une avenue à considérer au début d’une infestation.

Attractif: Pour attirer les acariens sur un cadre de la ruche en particulier, on peut utiliser un attractif. Un produit commercial fabriqué en Belgique, le Varroutest de la compagnie Sanders Probel Biotechnology, consiste en de l’extrait de larves de faux-bourdons et permet d’attirer les acariens une fois appliqué sur un cadre. Le Varroutest attirerait plus de 75% des mites selon de nombreux tests faits en Belgique, en Italie, en Grèce et dans les pays de l’Est. Ce produit, à vaporiser sur un cadre non-operculé, n’est cependant pas facile d’usage.

Nouvelle reine: En retirant et en faisant fondre le premier cadre à la reprise de la ponte, on peut enlever une grande partie des varroas présents. Des chercheurs russes (Petrov et Khazbievich, 1980) ont observé que le couvain du premier rayon où une nouvelle reine a pondu est infesté de varroa à 46% tandis que les autres ne le sont qu’à 4%. En retirant ce rayon, ils ont pu réduire grandement la population de parasites, la colonie s’est par la suite bien développée et a pu hiverner de façon satisfaisante.

Introduction de jeunes larves: Un apiculteur alsacien, André-Claude Schwartz, arrive à maintenir un niveau d’infestation peu élevé en introduisant des jeunes larves d’abeilles dans ses colonies au moment où elle n’en a pas. Les parasites se précipitent sur ces larves pour y pondre. On retire le cadre aussitôt que les cellules sont operculées. La méthode a plusieurs avantages, notamment elle respecte le cycle reproducteur de l’abeille et permet à la colonie de développer une résistance graduelle au varroa. Plus d’information est disponible en s’adressant à M. Schwartz (10, rue Saint-Guindon, 68000 Colmar, France).

Reine encagée: Cette méthode consiste à enfermer la reine sur un cadre trois fois de suite à intervalles de 10 jours. Au bout des 30 jours, le cadre est sorti et brûlé. La reine peut être sacrifiée ou non. Environ 60% des varroas serait éliminé de cette façon.

Thermothérapie

Plusieurs expériences ont été menées sur l’utilisation de la chaleur contre le varroa et l’acarien de l’abeille qui vit dans la trachée, certaines avec un certain succès, d’autres pas. Les acariens sont très sensibles à la chaleur. Avec la thermothérapie, il s’agit donc de trouver la température et la durée de traitement qui vont permettre de réduire le nombre d’acarien sans tuer les abeilles. Ainsi, dans une expérience réalisée par un apiculteur français (Chaudière, 1988), après avoir retiré la reine, on a élevé la température interne de la ruche jusqu’à 60C par l’énergie solaire et on l’y a maintenue pendant 13 minutes. Le taux de destruction du varroa fut de 50 %, mais un nombre équivalent d’abeilles ont succombé.

En ex-URSS, une technique de lutte contre le varroa consiste à passer les colonies dans une chambre chauffée à 46-48C pendant 15 minutes. La méthode est coûteuse et brutale pour les abeilles.

Une approche plus douce a été expérimentée avec succès par une apicultrice grecque, Annelies Schönebeck-Syeh, citée par Stalleger (1988). Elle utilise uniquement la chaleur dégagée par la ruche en bouchant toutes les entrées. La température est élevée à 44C et maintenue pendant pas plus de 20 à 30 minutes, après quoi les abeilles peuvent sortir. Les avantages de cette technique sont qu’elle peut être utilisée pendant la miellée et que la reine peut rester dans la ruche. La température est évaluée en placant un thermomètre à l’intérieur de la ruche raccordé à un écran à affichage digital à l’extérieur de la ruche.

Des expériences réalisées en Louisianne par John Harbo du Département américain de l’agriculture (USDA, 1993) ont démontré qu’une température de 39C pendant 48 heures décimait les acariens de l’abeille. Pour augmenter la température dans les ruches, le chercheur les a simplement peintes d’une couleur foncée plutôt qu’en blanc. Dans une ruche foncée, les abeilles passent plus de temps à faire battre leur ailes pour diminuer la température de l’air, ce qui fait qu’elles s’échauffent elles-mêmes. Comme les acariens de la trachée sont très sensibles à cet accroissement de température, ils en meurent. Quel serait l’effet de cette mesure sur les varroas?

Notons enfin que, sans être appuyé sur des données scientifiques, beaucoup de praticiens croient que l’exposition d’une ruche au soleil a des effets bénéfiques sur sa santé.

Produits anti-adhésifs

Comme l’acarien dépend de l’abeille pour se déplacer dans la ruche et d’une ruche à l’autre, apiculteurs et chercheurs ont pensé à utiliser des produits qui empêche l’acarien d’adhérer au corps de l’abeille, et donc de se propager.

Farine: Des apiculteurs de l’Inde (Shah et Shah, 1988) ont trouvé un truc simple et apparemment très efficace pour contrôler le varroa. Ils saupoudrent les abeilles de 10 à 15 grammes de farine de blé dès l’apparition du varroa et répètent ce traitement trois fois à une semaine d’intervalle. La farine empêche simplement les acariens de s’accrocher à l’abeille et donc de voyager d’un rayon à l’autre. Cette méthode ne pose de problème ni aux abeilles, ni au miel.

Corps gras: Selon le même principe, Sammataro et al. (1994) de l’USDA conseillent de placer une galette faite d’un mélange de 150g de shortening végétal et 300g de sucre en poudre sur les barres du haut de la ruche où se trouve un couvain. Les abeilles pensent qu’il s’agit de déchets et petit à petit vont l’évacuer de la ruche. Pendant ce temps, le shortening empêche les acariens de s’accrocher aux abeilles. Cette méthode aurait plus d’effet sur l’acarien de l’abeille que le varroa cependant. Un antibiotique contre la loque américaine peut aussi être disposé avec ce mélange.

Électricité

Dans la province du Ryazan en ex-URSS, un chercheur a mis au point une méthode de lutte efficace à 100% contre les varroas accrochés aux abeilles et qui utilise l’électricité (Egin, 1988). Il s’agit d’une plaque percée de trous tout juste assez grands pour laisser passer les abeilles et qui est placée à l’entrée de la ruche. Le bord de chaque trou est frangé de façon à créer une espèce de brosse. La plaque est trempée dans un électrolyte. Lorsqu’un courant de 12 volts passe par la plaque, les varroas qui sont attachés aux abeilles sont paralysés et tombent tandis que les abeilles ne sont pas affectées. Ce produit n’est pas disponible commercialement à notre connaissance.

http://eap.mcgill.ca/agrobio/ab370-08.htm

Apiterra et l’INRA collaborre au développement d’abeilles résistantes au varroa: www.apiterra.eu

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Moyens préventifs contre le varroa

Dimanche, 31 octobre 2010 08:39 Written by Apiterra 0 Comments

Mesures préventives

Pratiques pour limiter l’expansion du varroa

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à propager le varroa, certains que l’apiculteur peut contrôler, d’autres non. Parmis les facteurs que l’apiculteur ne peut contrôler on compte par exemple la migration des faux-bourdons, qui peuvent facilement voyager 10 à 20 km par jour pour se trouver une nouvelle colonie. En France, où l’infestation du varroa a commencé en 1982, il a été observé que la propagation naturelle n’est toutefois que de quelques kilomètres par année et que c’était plutôt la vente d’essaims et autres pratiques qui dépendent des apiculteurs qui expliquait l’expansion rapide du varroa (Bosse-Platière et al., 1987). Ainsi, l’achat de cadres en provenance d’une colonie infestée, le déplacement des ruches, le commerce des couvains ou des reines d’une région où le varroa est présent, même avec un certificat de santé de la colonie, sont toutes des pratiques qui peuvent contribuer à l’expansion du varroa. Les essaims migrants ne peuvent pas être empêcher, mais l’accueil d’un tel essaim doit faire l’objet d’un suivi immédiat.

Pratiques pour renforcer les colonies

Comme les colonies pourvues de reines jeunes résistent mieux au varroa, il est recommandé de renouveler les reines. On peut aussi faire de nombreux essaims et les traiter hors couvain. On veillera à ce que la nourriture d’hivernage soit généreuse.

Tisane renforcissante pour la ruche (Roger, 1992)

La recette de sirop qui suit renforcirait l’organisme des abeilles et leur permettrait de mieux résister au varroa selon des apiculteurs biologiques européens.

- Mettre dans de l’eau froide de l’écorce de chêne et de la prêle des champs.

- Faire bouillir 10 à 20 minutes

- Ajouter des feuilles d’ortie, des fleurs de pissenlit, de camomile, d’achillée mille-feuille et de valériane (10 g de chaque plante sèche suffiront pour 100 litres de sirop)

- Laisser infuser 10 minutes, filtrer et refroidir

- Ajouter un demi-litre de vinaigre de cidre bio et 6 kg de miel chauffé à 6 litres de la tisane, qui donneront 11 litres de sirop

- Distribuer à chaque ruche après la récolte à raison de 1 litre par ruche

LE POINT DE VUE DES BIODYNAMISTES

Les apiculteurs biodynamiques (Hauk, 1990) considèrent le problème du varroa comme étant le résultat d’une dénaturation de la ruche par l’homme. Déjà, en 1923, Rudolf Steiner avait prédit que l’abeille domestique survivrait difficilement à la fin du siècle. La ruche naturelle, et vers laquelle le modèle devrait tendre selon eux, n’est pas de forme carré, mais plus ou moins cylindrique. De plus, les rayons ne sont pas symétriques mais bien entrelacés dans une ruche à l’état sauvage. Un retour à une forme plus naturelle, ainsi que la récolte uniquement des surplus de miel, renforcerait la colonie et lui permetterait de mieux combattre selon eux.

Apitetta et l’INRA collaborre à la sélection d’abeilles résistantes au Varroa: www.apiterra.eu

Repeuplement de cheptel, essaims sur cadres disponibles, reines d’abeilles à vendre et paquets d’abeilles: www.eurobeestock.com

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Un forum sur les traitements bio anti varroa

Samedi, 30 octobre 2010 08:32 Written by Apiterra 0 Comments

http://www.apiservices.com/ubb/Forum1/HTML/000682.html

En essence, les différents apiculteurs qui s’expriment préconisent la sélection de reines d’abeilles résistantes au varroa.

En ce sens, le programme de sélection des abeilles résistantes menées en collaboration entre l’INRA et Apiterra est un monde du genre en Europe: www.apiterra.eu

Varroa destructor est un parasite responsable de la mortalité d’un grand nombre de colonies d’abeilles dans le monde. Nous avons caractérisé des populations qui survivent au parasite et voulons connaître les bases de cette tolérance afin d’optimiser leur utilisation en apiculture. L’approche pangénomique nous permet de caractériser le profil d’expression génique d’abeilles résistantes et d’utiliser ce profil comme outil de sélection. Les mortalités massives d’abeilles dans le monde sont dues, en partie à la pression des pathogènes et en particulier du varroa. L’utilisation d’abeilles résistantes au varroa est la base de la mise au point d’une lutte intégrée contre l’acarien et pourra permettre aux apiculteurs de limiter l’utilisation de molécules acaricides dans les ruches et les inconvénients qu’elles représentent : résistance des varroas, résidus et accumulations dans les cires.

Résultats :
Nous avons identifié des colonies d’abeilles qui survivent, sans  aucun traitement depuis plus de 12 ans, à différents pathogènes, en particulier au varroa. Ce résultat est spécialement encourageant lorsque l’on connaît l’importance des mortalités d’abeilles actuellement. Il reste donc en France des abeilles qui non seulement résistent aux maladies, mais ne connaissent pas de dépopulations massives depuis 12 ans maintenant. L’étude de la variabilité des populations de varroas montre une structure clonale, et les causes de la tolérance sont à rechercher chez l’abeille. L’approche pangénomique a permis de caractériser les profils d’expression génique liés à la parasitose chez les larves d’abeilles sensibles ou résistantes. Une base comportementale, plutôt qu’immunologique, de la résistance au varroa est à privilégier. L’étude, réalisée en collaboration USDA, de l’expression des gènes liés au comportement d’abeilles adultes ayant la capacité de détruire les varroas, a montrée qu’un petit nombre de gènes, dont certains sont liés à l’olfaction, peuvent être associés à ce phénotype résistant au varroa 

Perspectives, impact à terme :
Les abeilles tolérantes au varroa peuvent être utilisées dans un contexte de production apicole et de production intégrée. Cette approche devra permettre la mise au point d’une sélection efficace des abeilles.
L’approche pangénomique peut-être étendue à d’autres pathogènes et à l’effet d’autres stress environnementaux, en particulier des pesticides, afin d’utiliser cette technique comme outil de sélection et de diagnostique.

Partenaires :

  • Pr. Gene E. Robinson, University of Illinois at Urbana-Champaign, USA.
  • Dr. John Harbo, USDA, Honey Bee Breeding Laboratory, Baton Rouge, LA  70820   USA
  • Dr. Jay Evans, USDA-ARS Bee Research Lab, Beltsville, MD 20705  USA
Valorisation :
Les populations d’abeilles résistantes au varroa pourraient être multipliées et utilisées par les apiculteurs. Les résultats d’expression génique pourront être utilisés dans la mise au point d’outils de sélection ou de diagnostique. 

Bibliographie :

  • Navajas M, Le Conte Y, Solignac M, Cros-Arteil S, Cornuet JM. 2003. The complete sequence of the mitochondrial genome of the honeybee ectoparasite mite Varroa destructor (Acari : Mesostigmata) (vol 19, pg 2313, 2002). Mol. Biol. Evol. 20:663
  • Solignac M, Cornuet JM, Vautrin D, Le Conte Y, Anderson D, et al. 2005. The invasive Korea and Japan types of Varroa destructor, ectoparasitic mites of the Western honeybee (Apis mellifera), are two partly isolated clones. Proceedings of the Royal Society B-Biological Sciences 272:411-9
  • Le Conte Y, de Vaublanc G, Crauser D, Jeanne F, Rousselle J-C, Bécard J-M. 2007. Honey bee colonies that have survived Varroa destructor. Apidologie 38:1–7
  • Navajas M, Migeon A, Alaux C, Cros-Arteil S, Martin-Magniette ML, Robinson GE, Evans JD , Crauser D, Le Conte Y. Differential gene expression of the honey bee Apis mellifera associated with Varroa destructor infection. Soumis à BMC Genomics.

 

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