«C’est la période pour commencer à lutter efficacement contre le frelon asiatique », prévient Jean-Marc Naillon, le président de l’Abeille périgourdine, l’amicale des apiculteurs du Périgord qui regroupe 320 professionnels et amateurs du département.
Confrontés depuis plusieurs années au frelon asiatique qui décime les nids d’abeilles, les apiculteurs lancent un appel aux maires pour qu’ils relayent, dès ce mois-ci, auprès de leurs administrés, les conseils de piégeage. Le sujet a été évoqué à l’occasion de la grande foire apicole, qui se tenait samedi à Trélissac (lire « Sud Ouest Dimanche » d’hier).
« C’est le moment d’agir. À partir du mois de février, les femelles fondatrices, qui hibernaient dans les troncs ou les creux de murs, commencent petit à petit à sortir. Elles vont créer un nid primaire avec une quinzaine de larves qui donneront les premières ouvrières. C’est à ce moment-là qu’il faut arriver à piéger la reine. Cela signifie, au final, un nid en moins », explique Jean-Marc Naillon.
Démonstration sur le marché
Le président de l’amicale demande ainsi aux élus d’« organiser des réunions d’information » auprès des habitants. « Les apiculteurs ont déjà commencé le piégeage, mais dans un périmètre réduit autour des ruches. Pour être efficace, il faudrait que toute la population s’y mette. »
Outre les collectivités qui peuvent être un relais, l’Abeille périgordine donne des conseils sur son site Internet (1). « Chacun peut mettre un piège sur le terrain où il habite », note Jean-Marc Naillon. Plusieurs modèles existent. Noël Bruneteau, apiculteur à Champcevinel, fait d’ailleurs des démonstrations sur le marché de Périgueux, chaque samedi matin. « Je montre comment on fabrique un piège avec une bouteille plastique. Ensuite, il suffit de mettre à l’intérieur un mélange bière-grenadine. Les frelons asiatiques adorent ! »
Pour la petite histoire, les apiculteurs de l’Abeille périgourdine ont même essayé de mettre des mini-détecteurs sur le dos des frelons asiatiques pour les repérer. Un système similaire à celui utilisé en montagne, lors des secours sur les avalanches. « Les essais n’ont pas été concluants, estime Jean-Marc Naillon. Mais nous sommes toujours à la recherche de matériel innovant pour lutter contre ce frelon. »
(1) www.abeille-perigordine.fr
http://www.sudouest.fr/2011/02/14/l-appel-aux-maires-317773-1980.php
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La chute des feuilles a laissé apparaître les volumineux nids de frelons asiatiques, pourtant en place depuis le printemps. En cette période de froid conséquent l’activité autour des nids s’est réduite à néant, jusqu’à la mort complète de toute la colonie des insectes prédateurs des abeilles. Seules les reines survivent, hivernant dans le sol, ou sous les toits, jusqu’au printemps prochain, moment de réveil de la nature, où elles constitueront une nouvelle colonie, et construiront un nouveau nid. Les nombreux nids qui se découvrent dans les branches des arbres, vont donc demeurer inoccupés et ne seront plus jamais réinvestis. Les intempéries et les oiseaux auront raison d’eux. Les frelons asiatiques font partie des espèces invasives introduites en 2005, et qui colonise l’hexagone. Elle ne fait pas le bonheur des apiculteurs et des abeilles, (déjà disséminées par le « Gaucho et le « Régent »), qui sont indispensables pour la pollinisation des fruits et légumes. Cette espèce de frelons qui n’a pas de prédateurs en France, hormis, peut-être les pies. En saison, dans certaines ruches, il est fréquent de constater la présence continuelle de 3 ou 4 frelons qui repartent avec une abeille chacun, ce qui provoque un préjudice estimé pour 50 ruches, à plus de 100 000 abeilles sur trois mois. Il est utile et facile d’installer des pièges à guêpes ou équivalents en utilisant comme appât un mélange de grenadine, de bière brune et d’eau. Pour infos :
Leurs observations, depuis l’automne 2008, les ont conduis à mettre au point un piège et une méthode particulièrement efficace pour lutter contre l’invasif frelon asiatique.
Deux réunions très suivies qui ont laissé apparaître les problèmes que rencontre cette activité où se mêlent professionnels et amateurs.
Vespa velutina, mieux connu sous le nom de frelon asiatique s’installe définitivement et massivement dans le paysage charentais. Débarqué tout droit d’Asie, il semble avoir fait sa première apparition dans la zone de fret de Bruges, près de Bordeaux à l’automne 2005. Depuis, il n’a cessé son invasion et on le recense dans près de 40 départements. La Charente, après la Dordogne connaît une recrudescence phénoménale de cet envahisseur avec cette année une propagation exponentielle préoccupante pour le monde apicole. Jean Ribeyrol, membre de la société charentaise d’apiculture adhérente à l’union nationale de l’apiculture française (UNAF) tire la sonnette d’alarme : « L’année 2010, nous a démontrée l’extraordinaire capacité de vespa velutina à s’acclimater à nos contrées, ainsi j’ai détruit des nids dans des soupiraux de cave, des souches d’arbre mort, des nichoirs à oiseaux et même dans des conduits d’aération de sanitaire. En Bandiat-Tardoire, j’ai durant le mois d’octobre détruit un nid à La Rochefoucauld dans une cité pavillonnaire en haut d’un résineux, le lendemain un nid dans une haie de broussaille à Rivières et le surlendemain un nid de très grandes dimensions dans un arbuste à hauteur d’homme au lieu dit Corgnac sur la commune de Rancogne, découvert par Henri Tardif, conseiller municipal et devenu depuis le référent « frelon asiatique » de la commune. Une semaine après, ce monsieur avertissait qu’un autre nid aussi important trônait à 20 mètres du sol à deux pas du nid détruit. »