Les apiculteurs inquiets pour leurs essaims
Une large place lors de la dernière assemblée générale du syndicat L’Abeille des Gaves et Nives, qui regroupe dans le département près de 130 apiculteurs dont 20 professionnels. Car il y a urgence : « En France, depuis 2008, environ 30 % du cheptel disparaît chaque année et doit être reconstitué », rappelle le président du syndicat apicole, André Fontaine.
Les insecticides utilisés par l’agriculture sont désignés par les apiculteurs comme la cause principale de cette forte mortalité. « Ce que nous demandons, c’est une réévaluation des procédures d’homologation de ces produits, car celles-ci ne tiennent pas compte de leurs effets réels sur les abeilles, insiste André Fontaine. Il y a des effets neurotoxiques qui agissent à très faibles doses et des effets synergiques entre les différentes molécules. Nous souhaiterions également faire un état sanitaire de nos ruches. »
« Un rôle essentiel dans la biodiversité »
L’autre ennemi des abeilles est le fameux frelon asiatique. Or le développement de ce prédateur dépasse toutes les capacités de réactions, dans les Pyrénées-Atlantiques comme ailleurs. « Il est indispensable que des moyens significatifs de lutte soient mis en place. Dans le département, certaines zones sont tellement colonisées par le frelon asiatique que nous ne pouvons plus y maintenir nos ruches. »
La place prépondérante des abeilles dans l’équilibre écologique n’est plus à démontrer. « Elles jouent un rôle essentiel dans la biodiversité en participant à la pollinisation des plantes à fleurs et apportent ainsi une contribution indispensable à la production agricole », explique André Fontaine. Un récent rapport chiffre cette contribution à 153 milliards d’euros au niveau mondial.

Un motif de satisfaction néanmoins dans ce tableau très sombre : « Le budget annuel de l’Europe pour soutenir la filière apicole passera de 26 à 32 millions d’euros dès cette année, la France consacrant à elle seule 5,5 millions de 2011 à 2013. »
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Une grande passion autour de l’abeille, c’est ce qui réunit les membres du syndicat apicole saint-amandois. Une trentaine d’adhérents aujourd’hui qui, en toute modestie, avec leurs moyens propres, sous leur casquette d’amateurs, s’efforcent de promouvoir l’apiculuture, « pour maintenir la biodiversité », précise Bernard Hladezuk, qui vient de passer la main à la présidence de l’association à Christèle Potron. « Grâce à la pollinisation des abeilles, les oiseaux, en hiver, ont de quoi subvenir » Malheureusement, les essaims ne coulent pas des jours paisibles ces derniers temps. Les apiculteurs du Boischaut ont été confrontés à des cas de disparitions inexpliquées, comme c’est le cas un peu partout sur la planète. Une mortalité des colonies à laquelle a dû faire face notamment Bernard Hladezuk, en février et mars. « On ne retrouve aucune abeille dans la ruche. On a juste des traces de nourriture. Sur mes dix ruches, j’en ai eu la moitié de touchées. » L’explication ? À ce jour, aucun élément précis ne permet d’en déterminer les causes. « Est-ce dû aux traitements chimiques, utilisés pour les cultures ? On ne sait pas » s’interroge Bernard Hladezuk. Rebelote à la rentrée. L’apiculteur, impuissant, a relevé « une mortalité sur certaines ruches, juste avant les semis et les labours, il y avait eu des orages. J’ai surtout eu une ruche de touchée. » Quand le passionné des abeilles entend dire que de plus en plus d’agriculteurs passent au bio, il se réjouit. Ce n’est pas tout, les abeilles ont aussi fort à faire avec le varroa, « un parasite qui les affaiblit ». Et le petit nouveau, le frelon asiatique qui vient de débarquer dans la région. Bernard Hladezuk a mis au point une technique pour le contre : « C’est un piège tout simple. Je prends une bouteille en plastique que je coupe en forme d’entonnoir. J’y verse du panaché. Cela attire les frelons. » Et voilà, le tour est joué. Pour l’avenir, quelques apiculteurs essaient de faire de l’élevage de reine. « Ce qui permettrait de changer de reine tous les ans et ainsi avoir une reine plus dynamique. » Peut-être une embellie future qui se dessine. Le bureau : présidente : Christèle Potron, vice-président : Jean-Marc Yperselle, trésorier : René Costa, secrétaire : Laurence Tellier.
L’ agriculture des différents pays européens ne représente pas le même degré d’exposition au déclin des pollinisateurs. Globalement les pays d’Eruope du Sud sont beaucoup plus exposés (en rouge) que ceux du Nord (en vert).
Information reçue par notre réseau d’alertes en Espagne: Antonio Pajuelo: