Parution semaine 46, 2010
Recherche apicole
De nouvelles alternatives pour une lutte durable contre le varroa
Les scientifiques venus du monde entier se sont réunis à Macolin pour évaluer de nouvelles pistes de recherche dans la lutte contre le varroa. Le parasite Varroa destructor représente la plus grande menace qui plane sur l’abeille mellifère.
Depuis l’arrivée du varroa, il y a de cela déjà tren- te ans, des spécialistes de la recherche venus du monde entier ne s’étaient encore jamais réunis autour de la même table.
C’est désormais chose faite grâce au workshop organisé par le Centre suisse de recherches apicoles de la station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP ouvert par la conseillère nationale Brigitta Gadient le 2 novembre 2010 à Macolin. Déjà en 2004, elle avait reconnu l’importance de l’abeille pour assurer la pollinisation, ce qui s’était traduit par le dépôt d’une motion pour le soutien de la filière apicole.
Urgente nécessité
En 2006, le Parlement a entériné la motion et l’abeille mellifère a été inscrite dans la Loi fédérale sur l’agriculture en tant qu’animal de rente. Dans son discours inaugural, la conseillère nationale a souligné l’urgente nécessité de mener une recherche tournée vers le développement d’une méthode de lutte durable contre l’acarien varroa, puisqu’il représente un facteur clé dans les pertes d’abeilles qui sont à déplorer chaque année.
Après trente ans de recherches, les scientifiques de la première heure (en partie à la retraite) ont évalué l’état des connaissances avec leurs collègues plus jeunes issus de divers instituts de recherche et ont ensemble identifié quelles pourraient être les nouvelles approches de recherche pour la lutte contre le varroa. A l’avenir, une coopération plus grande entre instituts devrait accélérer la recherche de manière significative. Le work- shop a pu avoir lieu grâce au soutien financier du réseau de recherche COLOSS (Prevention of honey bee COlony LOSSes).
Connaissances en biologie
Trois décennies de recherches et de développement de méthode de lutte contre le varroa n’ont pas pu apporter au jour d’aujourd’hui les résultats et solutions escomptés. Les connaissance accumulées sur la biologie du parasite et de l’hôte permettent en revanche d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherches prometteuses.
Optimiser la lutte
Les scientifiques réunis à Macolin ont défini les nouvelles voies de recherches qui ont le plus de chances d’aboutir et en raison de l’urgence du problème du varroa ont établi un plan d’action stratégique. Le but de la recherche à cours terme serait de développer le plus vite possible de nouvelles substances pour la lutte contre le varroa ainsi que d’optimiser l’application des substances déjà connues.
Des antagonistes naturels
La recherche à long terme viserait à trouver des solutions durables. La priorité de la recherche sera de se concentrer sur les moyens de lutte biologique par l’utilisation d’antagonistes naturels comme, par exemple, des champignons pathogènes. Les experts ont aussi reconnu que de nombreuses questions sur la compréhension de la reproduction du varroa sont encore en suspens.
Cela est de grande importance puisque cela représente un autre axe de recherche de méthode de lutte biologique très prometteur. Pour toutes ces solutions durables possibles concernant le problème, une approche interdisciplinaire des projets de recherches sur un grand laps de temps est sans aucun doute nécessaire.
Des abeilles résistantes aux varroas
L’élevage d’abeilles tolérantes au varroa, sur les bases des connaissances actuelles, a été qualifié, au moins à moyen terme, de but utopique à atteindre. Comme résultat de ce workshop, on ne pouvait naturellement pas s’attendre à des solutions immédiates et pratiques. Un plan d’approche a cependant été esquissé et des concertations sur la suite à donner à la recherche au niveau mondial ont été émises. les participants sont unanimes: une étape décisive a été franchie avec succès! En ce sens, l’approche commune entre Apiterra et l’INRA sur les abeilles tolérantes au varroa est prometteuse.
Pollinisation
Par sa fonction de pollinisatrice, l’abeille domestique européenne, Apis mellifera, est essentielle à la croissance des cultures et aux écosystèmes terrestres. En assurant la biodiversité, la pollinisation possède une valeur écologique qui dépasse de loin sa valeur économique de 153 milliards d’euros par an à l’échelle mondiale. En raison de sa propagation quasi mondiale et des dégâts causés, Varroa destructor constitue, notamment par son rôle dans la transmission de virus, la menace la plus sérieuse qui pèse sur l’abeille domestique et donc sur la pollinisation. C’est la raison pour laquelle une solution durable dans la lutte contre l’acarien varroa est indispensable.
Agroscope Liebefeld-Posieux ALP, http://193.247.189.70/agrihebdo/journal/artikel.cfm?id=62641
Essaims sur cadres et paquets d’abeilles disponibles à la vente sur www.eurobeestock.com



