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Category: Pesticides

Abeilles et insecticides : une clef du mystère

Samedi, 16 juillet 2011 09:35 Written by Apiterra 0 Comments
Par Sylvestre Huet, le 8 juillet 2011 : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/07/abeilles-et-insecticides-une-clef-du-myst%C3%A8re.html

Abeille CNRS  

(photo © Philippe Poirier et Cyril Vidau, Cnrs.)

C’est un couple parasite plus insecticide qui pourrait expliquer certaines des mortalités massives d’abeilles domestiques. Une étude publiée dans Plos One par une équipe du Cnrs et de l’Inra l’affirme.

Ces mortalités soulèvent une vive polémique depuis plusieurs années. Des apiculteurs mettent en cause les produits phytosanitaires, tandis que les producteurs se défendent à coups d’expériences de laboratoire montrant l’innocuité de leurs molécules aux doses utilisées en champs par les agriculteurs.

Depuis quelques années, la piste de synergies fatales entre plusieurs causes de ces effondrements des populations d’abeilles est poursuivie. Synergies entre l’environnement, les nourritures disponibles, les parasites ou virus attaquant les abeilles et les molécules insecticides des produits phytosanitaires. Déjà de premiers résultats réalisés notamment grace à des analyses moléculaires massives de cadavres d’abeilles montraient que c’est la présence simultanée de virus, de parasite et de molécules de différents produits sanitaires qui pouvait expliquer ces mystérieuses mortalités, très inquiétante en raison du rôle pollinisateur des abeilles pour de très nombreuses cultures.

C’est une équipe de scientifiques du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2, ici le site de l’équipe concernée) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (INRA Avignon, voir ici) qui vient d’expliquer une part de mystère : comment des doses très faibles, beaucoup plus faibles que les préconisations des industriels, peuvent tout de même jouer un rôle dans la disparition d’une population d’abeilles. Pour le mettre en évidence, ils ont soumis en laboratoires des jeunes abeilles saines et des jeunes abeilles infestées du parasite Nosema ceranae, un champignon microscopique colonisant leur intestin, à des doses très petites mais chroniques de fipronil et thiaclopride, deux molécules très différentes, utilisées pour des insecticides agricoles.

Or, les abeilles infectées par Nosema ceranae et exposées régulièrment aux insecticides succombent, tandis que les abeilles saines supportent très bien ces doses d’insecticides. Cet effet combiné survient même pour une exposition quotidienne à des doses de chaque insecticide de plus de 100 fois inférieures à la DL50 - c »est à dire la dose qui tue en laboratoire la moitié des abeilles.

L’effet létal observé ne dépend pas de la famille d’insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride, sont très différent au niveau moléculaire. D’ailleurs, les scientifiques n’ont pas encore élucidé le mode d’action responsable de cette synergie. En tout cas, il semble que la concommittance entre une nosémose (c’est le nom de la maladie provoquée par le parasite) et ces molécules insecticides pourrait expliquer certains cas de mortalité massive.

Le fipronil a été inventé en 1987 par Rhône-Poulenc et est aujourd’hui commercialisé sous le nom de Regent par BASF. Ce produit a été mis en cause par les apiculteurs, mais les études de laboratoires ne parvenait pas à démontrer son mode d’action contre les abeilles aux doses recommandées.

Abeille injection du parasite-Claudia Dussaubat

Le thiaclopride se trouve dans les produits  Biscaya et Calypso de Bayer CropScience et une molécule  proche (imidaclopride) se trouve dans le Gaucho du même industriel. L’équipe d’Avignon de l’Inra avait déjà montré en février 2010 que l’interaction entre l’imidaclopride et la nosémose était dévastatrice pour les abeilles. (A droite, une abeille reçoit l’infestation par le champignon dans le cadre de cette dernière étude). Cette expérience avait montré, expliquait l’Inra à l’époque : «Alors que Nosema et l’imidaclopride seuls n’ont aucun effet, leur combinaison provoque une réduction significative de la production de glucose oxydase. Ceci suggère sur le long-terme, en plus des effets immédiats de ces deux agents sur la mortalité des abeilles, une sensibilité accrue de la ruche aux pathogènes, due à la diminution des antiseptiques produits.»

D’après Luc Belzunces, (l’un des auteurs de ces études à l’Inra Avignon) ce résultat vient confirmer d’autres travaux.  Pour lui, il faut placer cette découverte dans un cadre plus général : «Les abeilles sauvages déclinent, or les abeilles sauvages n’ont pas de varroa (un autre parasite mis en cause), d’autres pollinisateurs déclinent, l’entomofaune en général décline comme les populations d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes...» Pour le chercheur c’est bien l’usage massif des produits phytosanitaires dont les effets à faibles doses ont été sous-estimés car les études n’ont pas pris en compte ce type de phénomènes qui explique cette tendance lourde (lire également ici cette étude sur la biodiversité versus surfaces agricoles à l’échelle de l’Europe). Du coup, il ne sera pas facile de résoudre ce problème en changeant de molécule insecticide.

► Le communiqué Cnrs et Inra est ici.

► L‘article de Plos One est ici.

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Insecticides et champignon pathogène : le cocktail mortel des abeilles

Samedi, 16 juillet 2011 09:19 Written by Apiterra 0 Comments
Le 15 juillet 2011 à 15h36 – Extrait - Bruno Scala, Futura-Sciences
 

Une étude récente montre que le mélange d’un champignon pathogène et d’un insecticide est particulèrement nocif pour les abeilles. Yves Le Conte, de l’Inra d’Avignon, explique à Futura-Sciences comment cette étude apporte un indice supplémentaire à la compréhension des fortes mortalités d’abeilles.

Les scientifiques savent que les insecticides peuvent avoir un effet nocif sur les abeilles. Ils savent aussi que ces abeilles sont exposées à de nombreux organismes pathogènes qui réduisent leur taux de survie. Mais depuis peu, les recherches se sont intéressées à la synergie qui découle de l’association de deux parasites, deux insecticides ou d’un insecticide et un parasite.

Les travaux de Cyril Vidau et de l’équipe de l’Inra d’Avignon emmenée par Luc Belzunces portent sur l’association de deux insecticides connus, le fipronil et le thiaclopride, avec un champignon pathogène, Nosema ceranae. Les résultats de l’étude, publiée récemment dans PLoS One, montrent que la synergie provenant de ces associations est particulièrement néfaste pour l’abeille domestique, Apis mellifera.

Insecticides et pathogène en synergie

« L’idée de tester les associations vient du fait que la communauté scientifique pense qu’un seul stress ne peut pas expliquer la forte mortalité que subissent les abeilles depuis quelques années, explique Yves Le Conte, directeur de l’UMR Abeille et Environnement à l’Inra d’Avignon, joint par Futura-Sciences. Il y a environ un an, on avait testé l’association Nosema ceranae – imidaclopride et on avait déjà observé un phénomène de synergie. »

« En fait, le but est de tester les agents de stress les plus jeunes et les plus pertinents » continue Yves Le Conte. N. ceranae, un des agents testés dans cette étude, est un champignon microsporidien qui provoque une diminution du taux de sucre dans l’hémolymphe des abeilles et une augmentation de la demande énergétique, en s’introduisant dans le système digestif. Les deux insecticides associés à ce champignon, le fipronil – agent actif du Régent, l’insecticide phare de Bayer – et le thiaclopride, appartiennent respectivement à la famille des phénulpyrazoles et des néonicotinoïdes. Ils agissent tous les deux sur le système nerveux des abeilles, mais selon un mécanisme différent.

Les doses rencontrées dans la nature

Les résultats de l’étude sont parlants : 75 à 90 % des insectes infectés par N. ceranae qui sont, dix jours plus tard, exposés à l’un ou l’autre des insecticides, meurt dans les 10 jours suivants (graphes ci-dessous). Pourtant, les doses d’insecticides auxquelles sont exposées les abeilles au cours de ces expériences ne sont normalement pas létales, prouvant que c’est bien l’association qui l’est. « On expose les abeilles à des doses qu’elles rencontrent dans la nature » justifie Yves Le Conte. En l’occurrence, les doses dans cette expérience étaient 100 fois inférieures à la dose nécessaire pour tuer la moitié des abeilles (cette dose est appelée DL50)


Graphe montrant la mortalité des abeilles au cours du temps, suivant les différents traitements subis (contrôle, juste un insecticide, juste le champignon pathogène et le mélange champignon pathogène + insecticide). Le cas échéant, l’exposition à l’insecticide a lieu au 10e jour. © Vidau et al., 2011

L’étude apporte un nouvel indice qui contribue à la compréhension du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles dont l’origine est certainement multi-facteurs. Difficile d’y voir clair quand on sait que les abeilles sont la cible d’une vingtaine de virus (dont certains sont dormants), de nombreuses bactéries, de parasites (notamment N.ceranae et le varroa, un acarien ectoparasite) et de nombreux pesticides dont les cocktails sont présents dans le pollen que collectent les butineuses.

Les prochaines étapes concernant l’étude de ce syndrome consistent à continuer d’évaluer la synergie des différents agents pathogènes. « Nous sommes en ce moment en train d’observer l’association entre N. ceranae et le varroa avec les pesticides » conclut d’ailleurs Yves Le Conte.

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Un début d’explication à la disparition des abeilles

Mardi, 12 juillet 2011 10:01 Written by Apiterra 0 Comments

Extrait de http://www.science.gouv.fr/fr/actualites/bdd/res/4116/un-debut-d-explication-a-la-disparition-des-abeilles/

Date : 11 juillet 2011

L’infection par Nosema ceranae, un parasite responsable de la nosémose (1), entraîne une plus forte mortalité des abeilles lorsque celles-ci sont exposées à de faibles doses d’insecticides. C’est ce que viennent de mettre en évidence des chercheurs du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (LTE, INRA Avignon). Ces résultats sont publiés dans la revue PLoS ONE.

Les abeilles, un maillon essentiel des écosystèmes

En France, les abeilles domestiques de l’espèce Apis mellifera représentent l’outil de travail d’environ 70 000 apiculteurs professionnels et amateurs. Leur influence directe sur la qualité et la quantité des récoltes, ainsi que sur le maintien de la biodiversité florale, est aujourd’hui largement reconnue. Les abeilles, domestiques et sauvages, jouent ainsi un rôle prépondérant dans le fonctionnement des écosystèmes.

Des milliers de colonies meurent chaque année

Cependant, depuis plus de 15 ans, des milliers de colonies disparaissent chaque année. Les colonies d’abeilles sont en proie à un mal étrange et peu compris des apiculteurs et des scientifiques. Pour expliquer ce phénomène, observé principalement par les apiculteurs européens et américains, de nombreuses pistes sont avancées : l’appauvrissement de la diversité et de la qualité des ressources alimentaires (en lien avec les changements climatiques), l’intensification des monocultures et la modification des paysages, l’action d’agents pathogènes responsables de maladies comme la varroase (2), les loques (3) et la nosémose, le stress chimique provoqué par l’exposition des abeilles aux produits phytosanitaires et vétérinaires ou encore certains prédateurs tels que le frelon asiatique. Bien que de nombreuses données soient disponibles sur l’influence des stress nutritionnel, parasitaire et chimique sur la santé des abeilles, aucun d’entre eux n’a pu être isolé comme unique responsable du déclin des populations d’abeilles. Aujourd’hui, les spécialistes du domaine s’accordent pour orienter les recherches sur les effets combinés de plusieurs de ces facteurs.

Le mal étrange des abeilles : l’effet combiné de plusieurs facteurs

C’est dans ce contexte que des équipes de recherche du CNRS, de l’INRA et de l’Université Blaise Pascal ont associé leurs compétences respectives en parasitologie et en toxicologie pour évaluer l’influence des interactions pathogène-toxique sur la santé des abeilles. En laboratoire, les chercheurs ont exposé de façon chronique des abeilles naissantes saines et d’autres atteintes de nosémose à de faibles doses d’insecticides. La nosémose est une maladie transmise par Nosema ceranae, un champignon microscopique colonisant l’intestin des abeilles. Résultat : les abeilles infectées par Nosema ceranae puis exposées de façon chronique aux insecticides succombent, même à des doses se situant en dessous du seuil entrainant la mort, ce qui n’est pas le cas de leurs congénères non infectées. Cet effet combiné sur la mortalité des abeilles apparaît pour une exposition quotidienne à des doses pourtant très faibles (plus de 100 fois inférieures à la DL50 (4) de chaque insecticide). La synergie observée ne dépend pas de la famille d’insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride (5), appartiennent à des familles différentes. Le mode d’action responsable de cette synergie n’a cependant pas été encore identifié.

Protéger les abeilles du danger des pollutions environnementales

Cette étude montre donc que l’interaction entre nosémose et insecticides constitue un risque significatif supplémentaire pour les populations d’abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité. Ce travail indique également que des doses d’insecticides considérées comme ne pouvant entrainer la mort expriment pourtant un potentiel toxique létal pour des organismes parasités et donc fragilisés. Par conséquent ces résultats montrent la nécessité d’améliorer la gestion et la protection du cheptel apicole face au danger que représentent les pollutions environnementales et les pathogènes (seuls ou en combinaison) sur la santé de l’abeille. L’équipe « Interactions Hôtes-Parasites » du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) travaille justement à rechercher de nouveaux moyens de lutte contre cet agent pathogène.

Notes :
(1) La nosémose est une maladie transmise par Nosema ceranae, un champignon microscopique colonisant l’intestin des abeilles.
(2) La varroase est une maladie due à un acarien (Varroa jacobsoni) qui se nourrit de l’hémolymphe des abeilles.
(3) Les loques sont des maladies du couvain transmises par des bactéries.
(4) Dose létale 50 = dose induisant 50% de mortalité dans la population.
(5) Ces deux molécules appartiennent respectivement aux familles des Phénylpyrazoles et des Néonicotinoïdes.

Références :

Exposure to Sublethal Doses of Fipronil and Thiacloprid Highly Increases Mortality of Honeybees Previously Infected by Nosema ceranae. C. Vidau, M. Diogon, J. Aufauvre, R. Fontbonne, B. Viguès, J-L. Brunet, C. Texier, D.G. Biron, N. Blot, H. El Alaoui, L.P. Belzunces, F. Delbac
PLoS One. Consulter le site web

Contacts :
Chercheur l Frédéric Delbac l T 04 73 40 78 68/06 65 72 38 04 l frederic.delbac@univ-bpclermont.fr

Source :
Pathogènes et insecticides : un cocktail mortel pour les abeilles, communiqué de presse du 7 juillet 2011, CNRS.

Crédits photographiques :
© Philippe Poirier et Cyril Vidau.
Télécharger l’image.
© CNRS Photothèque  /  BONMATIN Jean-Marc

En savoir plus :
Dossier « La disparition des abeilles : enquête« , décembre 2007, Science.gouv.
D’autres ressources de Science.gouv sur le déclin des abeilles.

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Les pesticides en cause dans la mortalité des abeilles (Etude Suisse)

Mercredi, 18 mai 2011 08:37 Written by Apiterra 0 Comments

A la fin de chaque hiver, les apiculteurs comptent leurs morts. Et ceux-là sont beaucoup plus nombreux qu’il y a encore une dizaine d’années. Alors que l’on compte un taux naturel de disparition de ruchers de 15%, on évoque désormais plus de 30% voire, localement, parfois 100%. «Ce qui est décourageant, admet Eric Anselmetti, inspecteur cantonal des ruchers et l’un des 200 apiculteurs genevois, c’est que même en faisant tout bien, on peut les perdre. On ne peut plus travailler comme avant, il faut acquérir des connaissances plus pointues sur les maladies, les dangers, l’environnement. Mais cela ne suffit pas toujours. L’an dernier, j’ai perdu 30% de mes ruches, cette année seulement 5%! Sans pouvoir apporter une explication.»

 

La problématique de la mort des abeilles dans le monde, appelée Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, est multifactorielle. A la fin des années 80 est apparu le varroa, cet acarien qui affaiblit le système immunitaire des abeilles, ce qui laisse la place à une multitude de virus de se développer. Le frelon asiatique est à nos portes. La loque européenne, maladie du couvain, est à surveiller. Contre ces maux, les apiculteurs ont appris à être médecins et pharmaciens. Et à scruter leurs ruches avec plus d’attention. Les vétérinaires cantonaux prennent des mesures.

 

Un boulot à 50 millions d’euros

 

Quant aux agriculteurs, ils savent qu’ils ont besoin de ces butineuses: 71% des cultures principales sont pollinisées par les abeilles. Ce service gratuit a été évalué à 50 millions d’euros dans l’Union européenne, indique le Dr Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS d’Orléans. Venu dernièrement à Genève, à l’occasion de l’assemblée des délégués de la Société romande d’apiculture, il a ajouté aux causes citées plus haut, les pratiques de la monoculture, la fragmentation de l’habitat, la perte de la diversité florale, le changement climatique et les nouvelles pratiques agricoles avec l’usage des pesticides (herbicides, antifongiques, insecticides) et, depuis récemment, des semences enrobées.

 

«Avant, on sprayait de grosses quantités de produits sur les cultures, une partie étant disséminée dans l’air. Avec l’enrobage des semences (maïs, blé, colza, tournesol), on a certes pu diminuer les doses par un facteur de 10, mais ils sont 5000 à 10 000 fois plus toxiques que le DDT!»

 

Le poison ramené dans la ruche

 

A l’origine, ces produits enrobés devaient tuer les parasites sans remonter dans la fleur. Malheureusement, il est apparu que des doses infinitésimales, mais suffisantes pour agir sur le système nerveux central des insectes, arrivent dans le nectar (dont ils se nourrissent) et le pollen (qu’ils ramènent dans la ruche).

 

«Il nous a fallu plus de 2 ans au CNRS pour capter ces toxiques et les analyser. C’était comme de distinguer une pièce de 2 euros sur la tour Eiffel. A partir d’un nanogramme (0,000 000 001 gr) par gramme de pollen, cela affecte déjà le comportement de l’abeille. Au-delà, elle meurt. Parfois après avoir rapporté de pollen toxique dans la ruche. De toute façon, si elle n’est qu’affaiblie, elle est la proie de virus et maladies.»

 

En Suisse, seules 6 à 7% des cultures sont ensemencées avec des graines enrobées. L’homologation des produits est très surveillée, même si les méthodes d’analyses sont difficiles, comme l’a démontré le Dr. Bonmatin. «Il faut rester vigilant», admet Nicolas Delabays, à la direction générale de l’agriculture. La présidente du WWF Genève, Sylvia Leuenberger, propose un moratoire sur la production suisse de ces produits. Et quand on veut faire bien, soit planter des engrais verts, telle le phacelia qui sert à fixer l’azote, on perturbe les abeilles. Ces champs fleurissent en effet à l’automne, lorsque les abeilles sont censées être rentrées dans leurs ruches pour l’hiver. Or, attirées par les fleurs bleu lavande mellifères, elles ressortent, butinent, se fatiguent et s’affaiblissent.

En savoir plus dans la Tribune de Genève: http://www.tdg.ch/node/336877

Achats et ventes d’essaims sur cadres et paquets d’abeilles: www.eurobeestock.com

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Apiterra dans le Courrier de l’Ouest

Samedi, 07 mai 2011 08:29 Written by Apiterra 0 Comments

Article de Vincent BOUCAULT vincent.boucaulteourrier-ouest.com

Champigné, vendredi 22 avril.

Sans abeille, pas de miel et surtout pas de pollinisation. Les populations d’hyménoptères diminuent un peu partout dans le monde. En Californie, leur déclin inquiète les producteurs d’amandes. En Chine, on en est à polliniser à la main. La France n’échappe pas à cette surmortalité qui atteint 40 % du cheptel et dont les causes font débat : pesticides, monoculture, absence de fleurs, attaque de parasites, suivi inadapté (lire par ailleurs).

Ronan de Kervénoael (à gauche) a installé des ruches chez Nova-Flore, dirigée par Jérôme Gouy (à droite). Photo CO – Laurent COMBET.

C’est dans ce contexte d’inquiétude écologique et économique qu’Apiterra est née dans la tête de deux hommes rompus au monde de l’entreprise : Arnaud Lacourt et Ronan de Kervénoaël. « On voulait un peu sortir du capitalisme pur et dur et faire quelque chose d’utile », dit le second, propriétaire d’une demeure au Louroux-Béconnais, qu’il a investie complètement après avoir tombé le costume de cadre parisien.

« Un marché à organiser et à développer »

Bien que novices en la matière, les deux associés se lancent sans compter clans la bataille « On a vu des apiculteurs, en France, en Espagne, au Portugal, on a rencontré des chercheurs, on a tout lu sur le sujet ». De cette immersion qui dure 18 mois, ils ressortent avec la conviction qu’il existe un marché à organiser et à développer.

Des ruchers en plein Paris

Depuis un an, Apiterra produit des essaims – notamment à Chemillé et près d’Aix-en-Provence – qu’elle revend, en partie via un site inter-net. Les apiculteurs professionnels comme amateurs sont demandeurs. Mais la jeune société développe aussi un créneau plus tendance en plaçant des ruchers au sein même des entreprises ou de bâtiments publics. C’est notamment le cas de Nova-Flore, une entreprise innovante à Champigné, ou du jardin de la Préfecture à Angers. Les employés reçoivent une formation pour suivre le rucher.

À Paris même, une société comme Rustica en a fait installer une au collège des Bernardins.

À ce jour, la société emploie cinq personnes, et espère créer 40 emplois au total dans les cinq ans à venir. C’est sur cette base qu’elle a obtenu un faisceau de soutiens publics. La livraison d’essaims clefs en main suffira-t-elle à juguler une hécatombe que rien ne semble devoir endiguer ? – Nous travaillons avec

des chercheurs de l’Inra d’Avignon, répond Ronan de Kervénoaël. Ils ont une souche d’abeilles résistantes à un parasite répandu, le varroa.

La résistance des abeilles en débat

Interrogé sur l’activité d’Apiterra, Alain David, apiculteur angevin émigré en Bretagne vers un milieu exempt de pesticides, a la dent dure.

« Sur leur site, on ne trouve aucune allusion au mot pesticide, note le coprésident de la Fédération française des apiculteurs français, l’une des deux principales organisations professionnelles. Or, une abeille est d’autant plus sensible à un parasite et développe d’autant plus des maladies qu’elle est confrontée aux pesticides. Ici, on prend le problème à l’envers. Et on se fait de l’argent en surfant sur le désarroi des apiculteurs.

Yves Le Conte, le directeur de rechetches de l’lnra d’Avignon qui a passé un contrat avec Apiterra, a à peu près la même analyse scientifique, mais en tire des conclusions différentes. « Nous avons repéré dans la nature et isolé des souches d’abeilles présentant une vraie résistance aux parasites, dit-il. Elles sont plus lentes à rentrer en production, mais elles peuvent offrir un espoir de repeuplement. Il faut pouvoir poursuivre des recherches sur les interactions avec les pesticides. Jusque-là, les apiculteurs ne nous ont pas soutenus. »

V. B.

Télécharger l’article complet: http://www.eurobeestock.com/site/medias/courrierdelouestarticle.pdf

Achats et ventes d’essaims sur cadres et paquets d’abeilles disponibles: www.eurobeestock.com

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