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Category: Mortalité, santé des abeilles

Abeilles : 30 % du cheptel périssent chaque année

Samedi, 10 mars 2012 16:32 Written by Apiterra 0 Comments

Abeilles : 30 % du cheptel périssent chaque année

Par Renée Mourgues http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2012/02/20/abeilles-30-du-cheptel-perissent-chaque-annee,227020.php

Frelon asiatique, pesticides, cultures d’OGM ont dominé, samedi, les débats du syndicat apicole «L’Abeille des Gaves et Nives» réuni en assemblée générale annuelle en Soule.

Confrontés à « une somme de problèmes qui menacent leurs ruches » selon les mots du président André Fontaine, les militants de « L’Abeille des Gaves et Nives » ont porté témoignages de leurs difficultés, samedi matin à Tardets où se déroulait l’assemblée générale annuelle du syndicat apicole.

Sur les quelque 140 adhérents (dont une vingtaine de professionnels) affiliés à la structure, une bonne centaine a fait le déplacement pour raconter le quotidien d’une coexistence de plus en plus néfaste entre leur activité et l’addition de fléaux (prédateurs, produits phytosanitaires agricoles, cultures d’OGM, changement climatique), tout cela « dans un environnement dégradé qui voit baisser les ressources en nourritures » note André Fontaine. Autant de facteurs délétères auxquels s’ajoutent des vols de ruches, un phénomène assez récurrent si l’on en croit les assertions de certains.

Le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles lié au cumul des causes ne laisse pas d’inquiéter les apiculteurs, surtout ceux dont les ruchers se situent en plaine. « On a du mal à évaluer les pertes et à avoir des remontées régulières de l’état des lieux chiffré » avance André Fontaine.

Les enquêtes menées au niveau national par l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (ITSAP) révèlent que 30 % du cheptel périssent chaque année en sortie d’hivernage sur le territoire français. Toutes les régions sont touchées et au premier chef le sud-ouest exposé, en outre, à un redoutable tueur en série en plaine expansion : le frelon asiatique, objet de la conférence de clôture animée par Denis Thiéry, directeur de recherche à l’INRA de Bordeaux (lire par ailleurs). « Il n’y a pas si longtemps, ce taux de mortalité n’atteignait que 5 %. Le renouvellement est de plus en plus préoccupant » commente le porte-parole du syndicat. S’ils tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, les apiculteurs et les écologistes ne sont plus les seuls à s’inquiéter de la situation. Les économistes et hommes politiques donnent aussi de la voix à l’instar de François Bayrou qui, le 28 janvier dernier, déclarait devant les associations de défense de l’environnement que s’il était élu président de la République, il érigerait la protection des abeilles en grande cause nationale. « Ce sont des témoins et des veilleurs au nom de toutes les espèces vivantes » justifiait-il. L’intention a fait sourire le gotha politico-médiatique et pourtant, scientifiques et chercheurs sont nombreux, dans le monde, à voir là un enjeu primordial de sauvegarde de la biodiversité au cours des prochaines décennies.

 

===> Frelon asiatique : un tueur en série

Arrivé de Chine par le port de Bordeaux en 2004, le frelon asiatique opère une razzia dans les essaims. L’institut régional de recherche agronomique de Gironde a lancé des études pour comprendre la biologie du prédateur, son développement, son comportement et son organisation sociale ainsi que la communication chimique mise en oeuvre avec ses proies. L’idée, c’est de pouvoir élaborer des stratégies par l’emploi de substances qui permettraient de perturber son fonctionnement biologique. D’autres investigations portent sur les modalités de la nidification et comment les déjouer. Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un travail de longue haleine alors qu’il y a urgence à trouver des solutions car il en va de la survie des abeilles. Ainsi en Aquitaine, épicentre de l’invasion, des apiculteurs ont perdu plus de 50 % de leur cheptel dans les zones de pression du vespa velutina nigrithorax, le nom savant de cette espèce nuisible propagée dans les autres régions de France et qui tend à gagner l’Espagne et l’Italie.

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Les abeilles et la production du miel menacées par les OGM de Monsanto

Samedi, 10 mars 2012 16:17 Written by Apiterra 0 Comments

http://www.eitb.com/fr/infos/environnement-et-science/detail/834284/ogm-monsanto–apiculture-abeilles-menacees-ogm/

21/02/2012 Les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre les cultures de maïs OGM et l’apiculture.

L’apiculture et les abeilles menacées par les OGM de Monsanto. Photo: EITB

L'apiculture et les abeilles menacées par les OGM de Monsanto.

Les apiculteurs poursuivent leur lutte contre la culture d’OGM et de la firme Monsanto, alors que le gouvernement français a envoyé une demande de suspension au niveau européen de l’autorisation de mise en culture du maïs transgénique Monsanto 810.

Le Conseil d’État avait suspendu le 28 novembre dernier des arrêtés de 2007 et 2008 interdisant la commercialisation et la mise en culture des semences de maïs transgénique Monsanto 810, rendant de facto possibles des semis de maïs OGM vers la fin février pour les régions les plus précoces du Sud-Ouest.

S’appuyant sur les dernières études scientifiques et sur l’avis de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA), publié le 8décembre 2011, qui « montrent que la culture de ce maïs présente desrisques importants pour l’environnement », le gouvernement a demandé ce lundi à la Commision européenne de suspendre l’autorisation de mise en culture du maïs OGM MON810, de la firme Monsanto.

Si l’Union européenne n’agit pas, le gouvernement envisage de prendre une clause de sauvegarde, comme l’ont déjà fait six autres pays européens.

 

Les apiculteurs réclament une interdiction rapide de la vente et la culture de maïs OGM

Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Or, pour le moment, la Commission Européenne et les autorités nationales, sous l’influence du lobby OGM et semencier, sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel.

L’autorisation de cultures d’OGM en plein champ serait fatale à l’apiculture (miel, pollen, propolis) et à l’abeille. Leur disparition aurait de lourdes conséquences sur l’environnement et l’agriculture. L’abeille est un élément indispensable de l’environnement, de la biodiversité, et un atout incontournable pour la pollinisation de nombreuses cultures.

Une pétition en ligne demande aux décideurs européens de protéger l’abeille et l’apiculture et de ne pas les sacrifier au profit des multinationales.

Un arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne a décidé en septembre dernier qu’il est interdit de commercialiser du miel dans lequel on constate la présence de pollen de maïs OGM MON 810.

Suite à cet arrêt, le miel produit en Espagne, où la culture des OGM est autorisé, a du mal à être exporté, alors que l’Espagne est le principal producteur de miel (30.000 tonnes de miel par an). En 2011, la surface destinée à la culture de maïs OGM a augmenté de 27% et représente 97.300 hectares.

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Le frelon asiatique poursuit son invasion

Mercredi, 03 août 2011 07:54 Written by Apiterra 0 Comments

http://www.europe1.fr/France/Le-frelon-asiatique-poursuit-son-invasion-653433/ Par Nicolas Gauduin Publié le 2 août 2011 à 19h11Mis à jour le 2 août 2011 à 21h24

Thorax brun foncé, tacheté d’orange sur la tête et l’abdomen, le frelon asiatique prolifère dans le Sud-Ouest.

Thorax brun foncé, tacheté d’orange sur la tête et l’abdomen, le frelon asiatique prolifère dans le Sud-Ouest. © MAXPPP

 

Il est présent dans 39 départements de France et devrait bientôt s’étendre à toute l’Europe.

L’invasion progresse chaque année. Probablement arrivé de Chine vers le Lot-et-Garonne en 2004, dans une cargaison de poteries, le frelon asiatique a colonisé en sept ans tout le quart Sud-Ouest de la France. Il a déjà été signalé dans quelque 39 départements, j usqu’en Seine-Saint-Denis .

© Muséum d’Histoire naturelle

Le prédateur numéro 1 des abeilles

Le frelon asiatique est surtout le cauchemar des abeilles : ce redoutable prédateur en a fait sa nourriture favorite. Dans les départements envahis, ses attaques contre les ruches sont incessantes et les apiculteurs ne peuvent qu’avouer leur impuissance face au raz-de-marée.

Le scénario est toujours le même. Les essaims d’abeilles sont harcelés tout l’été. Thorax brun foncé, tacheté d’orange sur la tête et l’abdomen, le frelon asiatique attaque les butineuses, les décapite, leur arrache pattes et ailes, avant d’emporter leur thorax pour nourrir sa colonie.

Puis à partir de septembre, les abeilles gardiennes se faisant moins nombreuses à l’entrée de la ruche, les frelons asiatiques pénètrent directement dans les ruches et s’attaque directement aux couvains.

Moins d’abeilles, moins de naissances, moins de ressources pour nourrir la reine, qui s’affaiblit et meurt… La population de la ruche est condamnée d’avance. Certains producteurs de miel ont beau faire obstacle de leur corps et repousser les assaillants à coups de tapette, leur effort est dérisoire.

Âmes sensibles, s’abstenir : voici l’extrait d’un documentaire de la BBC, montrant l’attaque d’une ruche de 30.000 abeilles par un essaim de 30 frelons. Une véritable hécatombe.

Bientôt dans toute l’Europe

L’installation de Vespa Velutina pourrait rapidement prendre des proportions bien supérieures. Le Museum d’Histoire naturelle prévoit l’extension prochaine de cette espèce invasive. « La plupart des pays d’Europe ont un risque non négligeable de voir le Frelon à pattes jaunes s’y acclimater », indique un communiqué publié en juin.

Les régions où le frelon asiatique pourrait le plus facilement s’acclimater sont celles où il est le plus présent aujourd’hui : la côte Atlantique et le nord de la Méditerranée. Mais la péninsule des Balkans ou encore la Turquie devraient également bientôt subir ses incursions.

© Muséum d’Histoire naturelle

Un premier décès en juin dernier

Quant au danger pour l’homme, il reste relatif, même si le frelon asiatique a fait une première victime avérée en juin, en Gironde. Le problème vient davantage de sa prolifération que de son agressivité, comparable à celle des guêpes ou frelons européens que l’on croise le plus souvent en France.

Pour ne pas courir de risque, la condition reste de ne surtout pas approcher son nid à moins de cinq mètres. Etant donné la propension en hausse de cette espèce à installer ses nids au beau milieu de certaines communes du Sud de la France, dans les branches des arbres, les incidents pourraient bien se multiplier dans les années à venir.

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Abeilles et insecticides : une clef du mystère

Samedi, 16 juillet 2011 09:35 Written by Apiterra 0 Comments
Par Sylvestre Huet, le 8 juillet 2011 : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/07/abeilles-et-insecticides-une-clef-du-myst%C3%A8re.html

Abeille CNRS  

(photo © Philippe Poirier et Cyril Vidau, Cnrs.)

C’est un couple parasite plus insecticide qui pourrait expliquer certaines des mortalités massives d’abeilles domestiques. Une étude publiée dans Plos One par une équipe du Cnrs et de l’Inra l’affirme.

Ces mortalités soulèvent une vive polémique depuis plusieurs années. Des apiculteurs mettent en cause les produits phytosanitaires, tandis que les producteurs se défendent à coups d’expériences de laboratoire montrant l’innocuité de leurs molécules aux doses utilisées en champs par les agriculteurs.

Depuis quelques années, la piste de synergies fatales entre plusieurs causes de ces effondrements des populations d’abeilles est poursuivie. Synergies entre l’environnement, les nourritures disponibles, les parasites ou virus attaquant les abeilles et les molécules insecticides des produits phytosanitaires. Déjà de premiers résultats réalisés notamment grace à des analyses moléculaires massives de cadavres d’abeilles montraient que c’est la présence simultanée de virus, de parasite et de molécules de différents produits sanitaires qui pouvait expliquer ces mystérieuses mortalités, très inquiétante en raison du rôle pollinisateur des abeilles pour de très nombreuses cultures.

C’est une équipe de scientifiques du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2, ici le site de l’équipe concernée) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (INRA Avignon, voir ici) qui vient d’expliquer une part de mystère : comment des doses très faibles, beaucoup plus faibles que les préconisations des industriels, peuvent tout de même jouer un rôle dans la disparition d’une population d’abeilles. Pour le mettre en évidence, ils ont soumis en laboratoires des jeunes abeilles saines et des jeunes abeilles infestées du parasite Nosema ceranae, un champignon microscopique colonisant leur intestin, à des doses très petites mais chroniques de fipronil et thiaclopride, deux molécules très différentes, utilisées pour des insecticides agricoles.

Or, les abeilles infectées par Nosema ceranae et exposées régulièrment aux insecticides succombent, tandis que les abeilles saines supportent très bien ces doses d’insecticides. Cet effet combiné survient même pour une exposition quotidienne à des doses de chaque insecticide de plus de 100 fois inférieures à la DL50 - c »est à dire la dose qui tue en laboratoire la moitié des abeilles.

L’effet létal observé ne dépend pas de la famille d’insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride, sont très différent au niveau moléculaire. D’ailleurs, les scientifiques n’ont pas encore élucidé le mode d’action responsable de cette synergie. En tout cas, il semble que la concommittance entre une nosémose (c’est le nom de la maladie provoquée par le parasite) et ces molécules insecticides pourrait expliquer certains cas de mortalité massive.

Le fipronil a été inventé en 1987 par Rhône-Poulenc et est aujourd’hui commercialisé sous le nom de Regent par BASF. Ce produit a été mis en cause par les apiculteurs, mais les études de laboratoires ne parvenait pas à démontrer son mode d’action contre les abeilles aux doses recommandées.

Abeille injection du parasite-Claudia Dussaubat

Le thiaclopride se trouve dans les produits  Biscaya et Calypso de Bayer CropScience et une molécule  proche (imidaclopride) se trouve dans le Gaucho du même industriel. L’équipe d’Avignon de l’Inra avait déjà montré en février 2010 que l’interaction entre l’imidaclopride et la nosémose était dévastatrice pour les abeilles. (A droite, une abeille reçoit l’infestation par le champignon dans le cadre de cette dernière étude). Cette expérience avait montré, expliquait l’Inra à l’époque : «Alors que Nosema et l’imidaclopride seuls n’ont aucun effet, leur combinaison provoque une réduction significative de la production de glucose oxydase. Ceci suggère sur le long-terme, en plus des effets immédiats de ces deux agents sur la mortalité des abeilles, une sensibilité accrue de la ruche aux pathogènes, due à la diminution des antiseptiques produits.»

D’après Luc Belzunces, (l’un des auteurs de ces études à l’Inra Avignon) ce résultat vient confirmer d’autres travaux.  Pour lui, il faut placer cette découverte dans un cadre plus général : «Les abeilles sauvages déclinent, or les abeilles sauvages n’ont pas de varroa (un autre parasite mis en cause), d’autres pollinisateurs déclinent, l’entomofaune en général décline comme les populations d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes...» Pour le chercheur c’est bien l’usage massif des produits phytosanitaires dont les effets à faibles doses ont été sous-estimés car les études n’ont pas pris en compte ce type de phénomènes qui explique cette tendance lourde (lire également ici cette étude sur la biodiversité versus surfaces agricoles à l’échelle de l’Europe). Du coup, il ne sera pas facile de résoudre ce problème en changeant de molécule insecticide.

► Le communiqué Cnrs et Inra est ici.

► L‘article de Plos One est ici.

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Insecticides et champignon pathogène : le cocktail mortel des abeilles

Samedi, 16 juillet 2011 09:19 Written by Apiterra 0 Comments
Le 15 juillet 2011 à 15h36 – Extrait - Bruno Scala, Futura-Sciences
 

Une étude récente montre que le mélange d’un champignon pathogène et d’un insecticide est particulèrement nocif pour les abeilles. Yves Le Conte, de l’Inra d’Avignon, explique à Futura-Sciences comment cette étude apporte un indice supplémentaire à la compréhension des fortes mortalités d’abeilles.

Les scientifiques savent que les insecticides peuvent avoir un effet nocif sur les abeilles. Ils savent aussi que ces abeilles sont exposées à de nombreux organismes pathogènes qui réduisent leur taux de survie. Mais depuis peu, les recherches se sont intéressées à la synergie qui découle de l’association de deux parasites, deux insecticides ou d’un insecticide et un parasite.

Les travaux de Cyril Vidau et de l’équipe de l’Inra d’Avignon emmenée par Luc Belzunces portent sur l’association de deux insecticides connus, le fipronil et le thiaclopride, avec un champignon pathogène, Nosema ceranae. Les résultats de l’étude, publiée récemment dans PLoS One, montrent que la synergie provenant de ces associations est particulièrement néfaste pour l’abeille domestique, Apis mellifera.

Insecticides et pathogène en synergie

« L’idée de tester les associations vient du fait que la communauté scientifique pense qu’un seul stress ne peut pas expliquer la forte mortalité que subissent les abeilles depuis quelques années, explique Yves Le Conte, directeur de l’UMR Abeille et Environnement à l’Inra d’Avignon, joint par Futura-Sciences. Il y a environ un an, on avait testé l’association Nosema ceranae – imidaclopride et on avait déjà observé un phénomène de synergie. »

« En fait, le but est de tester les agents de stress les plus jeunes et les plus pertinents » continue Yves Le Conte. N. ceranae, un des agents testés dans cette étude, est un champignon microsporidien qui provoque une diminution du taux de sucre dans l’hémolymphe des abeilles et une augmentation de la demande énergétique, en s’introduisant dans le système digestif. Les deux insecticides associés à ce champignon, le fipronil – agent actif du Régent, l’insecticide phare de Bayer – et le thiaclopride, appartiennent respectivement à la famille des phénulpyrazoles et des néonicotinoïdes. Ils agissent tous les deux sur le système nerveux des abeilles, mais selon un mécanisme différent.

Les doses rencontrées dans la nature

Les résultats de l’étude sont parlants : 75 à 90 % des insectes infectés par N. ceranae qui sont, dix jours plus tard, exposés à l’un ou l’autre des insecticides, meurt dans les 10 jours suivants (graphes ci-dessous). Pourtant, les doses d’insecticides auxquelles sont exposées les abeilles au cours de ces expériences ne sont normalement pas létales, prouvant que c’est bien l’association qui l’est. « On expose les abeilles à des doses qu’elles rencontrent dans la nature » justifie Yves Le Conte. En l’occurrence, les doses dans cette expérience étaient 100 fois inférieures à la dose nécessaire pour tuer la moitié des abeilles (cette dose est appelée DL50)


Graphe montrant la mortalité des abeilles au cours du temps, suivant les différents traitements subis (contrôle, juste un insecticide, juste le champignon pathogène et le mélange champignon pathogène + insecticide). Le cas échéant, l’exposition à l’insecticide a lieu au 10e jour. © Vidau et al., 2011

L’étude apporte un nouvel indice qui contribue à la compréhension du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles dont l’origine est certainement multi-facteurs. Difficile d’y voir clair quand on sait que les abeilles sont la cible d’une vingtaine de virus (dont certains sont dormants), de nombreuses bactéries, de parasites (notamment N.ceranae et le varroa, un acarien ectoparasite) et de nombreux pesticides dont les cocktails sont présents dans le pollen que collectent les butineuses.

Les prochaines étapes concernant l’étude de ce syndrome consistent à continuer d’évaluer la synergie des différents agents pathogènes. « Nous sommes en ce moment en train d’observer l’association entre N. ceranae et le varroa avec les pesticides » conclut d’ailleurs Yves Le Conte.

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