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5 frelons asiatiques devant une ruche suffisent à la condammner

Vespa velutina, mieux connu sous le nom de frelon asiatique s’installe définitivement et massivement dans le paysage charentais. Débarqué tout droit d’Asie, il semble avoir fait sa première apparition dans la zone de fret de Bruges, près de Bordeaux à l’automne 2005. Depuis, il n’a cessé son invasion et on le recense dans près de 40 départements. La Charente, après la Dordogne connaît une recrudescence phénoménale de cet envahisseur avec cette année une propagation exponentielle préoccupante pour le monde apicole. Jean Ribeyrol, membre de la société charentaise d’apiculture adhérente à l’union nationale de l’apiculture française (UNAF) tire la sonnette d’alarme : « L’année 2010, nous a démontrée l’extraordinaire capacité de vespa velutina à s’acclimater à nos contrées, ainsi j’ai détruit des nids dans des soupiraux de cave, des souches d’arbre mort, des nichoirs à oiseaux et même dans des conduits d’aération de sanitaire. En Bandiat-Tardoire, j’ai durant le mois d’octobre détruit un nid à La Rochefoucauld dans une cité pavillonnaire en haut d’un résineux, le lendemain un nid dans une haie de broussaille à Rivières et le surlendemain un nid de très grandes dimensions dans un arbuste à hauteur d’homme au lieu dit Corgnac sur la commune de Rancogne, découvert par Henri Tardif, conseiller municipal et devenu depuis le référent « frelon asiatique » de la commune. Une semaine après, ce monsieur avertissait qu’un autre nid aussi important trônait à 20 mètres du sol à deux pas du nid détruit. »

Le principal problème de la présence de vespa velutina réside dans son mode d’alimentation basé essentiellement en zone urbaine d’abeilles, plus de 80% et du déséquilibre préoccupant qu’il génère pour la biodiversité. En effet, ce frelon ne connaît pas de prédateur et peu détruire une colonie d’abeille en peu de temps. L’UNAF estime qu’au-delà de cinq individus devant la ruche, celle-ci est condamnée. Vespa velutina, en vol stationnaire devant l’entrée de la ruche capture toute butineuse rentrant ou sortant, il découpe alors la tête de sa proie pour créer une pelote avec les protéines et nourrir les larves dans le nid. Un nid de frelons compte de 1200 à 2000 individus, pouvant devenir très menaçants si quiconque s’approche. Ainsi, sous forme groupé il attaque infligeant des piqûres pouvant traverser près d’un centimètre de vêtement et à plusieurs reprises. Jean Ribeyrol confie : « Devant mes ruches, à l’aide d’une planche souple de châtaignier j’écrase quelques 50 frelons quotidiennement pour faire baisser la pression et tenter de sauver mes colonies. Déjà, les apiculteurs installent des réducteurs d’entrée de ruches pour éviter l’intrusion du frelon au sein des colonies. Il faut une prise de conscience collective et que les collectivités publiques s’emparent elles aussi de ce problème majeur pour la biodiversité. Seuls, les apiculteurs se battent à armes inégales avec un phénomène qui prend une ampleur inquiétante. Le groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) de la Dordogne avec des membres influents et décidés ont en partenariat avec les communautés de communes réussis à ralentir la progression et même à réduire la présence du frelon asiatique. »

Il semble désormais impératif et obligatoire que les personnes découvrant un nid de frelons asiatiques déclarent en mairie la présence de celui-ci et organise la destruction du nid par un professionnel. On peu faire appel à des sociétés spécialisées qui détruisent les nids pour 160€, les pompiers pour 165€ ou encore des apiculteurs à proximité qui demandent parfois le prix des insecticides et le défraiement pour leur déplacement mais en aucun cas les particuliers doivent improviser ces opérations pouvant être dangereuses. La lutte doit s’opérer par le piégeage, chaque citoyen peu agir selon Jean Ribeyrol qui explique : « Il est préférable de placer les pièges dès la mi février, période à laquelle les fondatrices sortent de terre où elles hibernaient, ce sont ces femelles qui démarreront les colonies de l’année. Il suffit de couper une bouteille en deux, de renverser la partie avec le bouchon dans le corps de la bouteille et d’y mettre un peu de bière et de limonade, ou du vin blanc afin de sélectionner les individus. En effet, les abeilles ne sont pas sensibles à l’alcool. Il est bon de laisser ces pièges jusqu’en décembre à un ou deux mètres du sol en plein soleil et de préférence à proximité des lieux où des nid étaient présents l’année passée. » Les professionnels du monde apicole espère qu’avec l’extension géographique du frelon asiatique et bientôt son arrivée en région parisienne les pouvoirs publiques prendront en considération ce nouveau fléau qui ajouté aux problèmes des pesticides et herbicides conduit inexorablement la filière apicole vers une mort programmée. Rappelons nous la phrase d’Albert Einstein : « Si les abeilles venaient à disparaître, l’humanité n’aurait que quelques jours à vivre. » Société charentaise d’apiculture : 05.45.92.51.39.

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