http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2012/01/31/Les-defenseurs-des-abeilles-entre-espoirs-et-craintes/
Les mesures préconisées par Terre d’abeilles ont été adoptées par la commission européenne. L’association basée à Ingrandes attend leur application.
Pour Béatrice Robrolle-Mary, la pédagogie ne suffit pas. Il faut prendre des mesures draconiennes pour sauver les abeilles.Depuis 2008, la Maison des abeilles s’ingénie à promouvoir l’apiculture par le biais d’outils pédagogiques. L’an passé, près de 6.000 visiteurs ont pu découvrir des panneaux et un film thématiques, participer à des ruchers école, des ateliers de découverte, et une miellerie ouvrira au printemps. Mais elle souligne également la fragilité de cet univers étroitement lié à la qualité de l’environnement et très chahuté par les insecticides et les pesticides.
L’impérieuse nécessité de protéger l’abeille
Ce n’est pas le fait du hasard si Terre d’abeilles, association nationale vouée à la défense du milieu et présidée par Béatrice Robrolle-Mary, propriétaire du site, y a installé son QG. Sa lutte incessante, jalonnée d’interventions alarmistes et de rencontres au plus haut niveau, n’avait pas fléchi après le Grenelle de l’environnement qu’elle se languissait de voir appliquer sur le terrain. Après plusieurs entrevues au ministère de l’Agriculture, à l’Élysée, et tout récemment à Copenhague avec l’Agence européenne pour l’environnement, les doutes et les craintes ont laissé place à une lueur d’espoir. « Le Parlement européen a voté une série de mesures fondamentales que nous préconisons, explique Béatrice Robrolle-Mary. C’est-à-dire une évaluation sérieuse, rigoureuse et sans a priori des pesticides, l’intégration d’apipologues compétents et indépendants au sein des comités d’experts aux plans national et européen, mais aussi la révision de la législation en matière de protection des pollinisateurs et d’utilisation des pesticides. » L’association prône également une réorientation des politiques agricoles et de la recherche vers le développement durable, la prise en compte dans la formation agricole de l’impérieuse nécessité de protéger l’abeille, et une amélioration de la formation apicole. « Nous nous réjouissons de retrouver dans le rapport de la commission l’ensemble de ces recommandations mais nous serons particulièrement vigilants tout au long de l’année 2012 sur les décisions relatives à sa transposition en France et sur son application en particulier », souligne Béatrice Robrolle-Mary. D’autant plus que le ministère de l’Agriculture vient d’autoriser le cruiser OSR sur colza en association avec un insecticide et deux fongicides. Une décision qu’elle qualifie « d’irresponsable » et qu’elle compte voir annuler grâce au coup de pouce de l’Europe.
